Room, allez vous enfermer!

 

Je ne sais pas si vous vous souvenez d’Elisabeth Fritzl, Natascha Kampush , Jaycee Lee Dugard ou bien des disparues de Ohio (Amanda Berry, Georgina DeJesus et Michele Knight). Moi oui. Toutes ces jeunes femmes ont été retrouvées, des années après leurs disparitions et leurs enlèvements. J’avais passé des heures à me documenter sur ces histoires hors du commun. Au delà-de l’horreur de ce qu’elles avaient vécues, de la joie de les voir libres à nouveau, je me posais des milliers de questions. Et apparemment, je n’étais pas la seule. Je suis donc allée voir Room de Lenny Abrahamson.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, Room raconte l’histoire de Joy, kidnappée 7 ans auparavant par «Old Nick» et qui a donné naissance à l’enfant de son ravisseur durant sa captivité. L’enfant a 5 ans lorsque le film débute et il va permettre à sa mère de s’évader. Le film raconte donc la captivité et l’après.

Dit comme ça, on se dit que ce film est complètement glauque et voyeur et qu’on va pleurer pendant deux heures. Mais le réalisateur a pris le parti de filmer du point de vue de Jack ce qui fait de Room un film plutôt optimiste: Jack a été préservé par sa mère, Jack est un enfant qui s’adapte et qui est tourné vers l’avenir.

La première partie du film est extrêmement bien réussie. Le film dépeint la réalité de la chambre d’après les émotions de Jack pour qui elle est le monde puis c’est la vision de Joy, qui est privilégiée. La chambre est donc à la fois le monde, le lieu de l’horreur et celui de l’enfermement. Les scènes sont saisissantes, angoissantes et grâce au talent des acteurs (Oscar amplement mérité pour Brie Larson et mention spéciale pour le jeune Jacob Tremblay). Grâce à eux, l’empathie est vraiment très forte et on passe par tout un panel d’émotion qui vont du désespoir à l’admiration en passant par le dégoût et l’attendrissement.

Cette charge émotionnelle atteint son apogée avec la séquence de l’évasion. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été à ce point là saisie par l’enjeu d’une scène.

Le reste du film est malheureusement bien moins prenant. Alors que la réalisation des séquences de captivité était au plus proche des émotions de Joy et son fils, la réalisation devient celle d’un téléfilm de l’après-midi une fois les héros lâchés dans le monde extérieur. Les personnages secondaires sont de simples apparitions et restent très transparents face au duo incarnée par Joy et son fils.

On peut regretter que le film se termine sur cette deuxième partie moins originale et moins forte. On ressort avec une impression en demi teinte, qui ne rend pas justice au film. Il faut donc garder en mémoire la première partie, qui à elle seule vaut vraiment la peine.

affiche

Si vous en voulez plus:

Brie Larson a aussi joué dans States of Grace, un film plutôt chouette (en particulier la scène d’ouverture).

Le témoignage de Michelle Knight, l’une des disparues de Cleveland.

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