Mes 4 moments les plus Pee-Wee Herman à Taïwan (ou ce que le guide ne vous dira pas tout à fait)

Ce que je préfère quand je suis en voyage, c’est mes moments Pee-Wee Herman. Mais si, vous savez, dans le film de Tim Burton, Pee-Wee cherche son vélo. Il a une révélation dans un de ses rêves: le vélo serait dans le sous sol de fort Alamo. Alors il va à Fort Alamo et à la fin de la visite, il demande à visiter le sous-sol. Et là, la guide et tout le groupe s’esclaffent. Car il n’y a pas de sous-sol à Fort Alamo. Pee-Wee Herman en conclut qu’il y a des choses que l’on doit découvrir par soi-même. Alors voilà le top 4 de mes moments Pee-Wee Herman à Taïwan:

Le tofu qui pue pue … la mort.

Une des informations récurrentes sur Taïwan, c’est le tofu puant (stinky tofu en anglais). Guide, vidéos Youtube, blogs, tout le monde vous en parle en vous disant que ça pue mais que ça se mange. Certains trouvent même ça bon. C’est vraiment un truc que les Taiwanais mangent, pas juste une attraction pour touristes façon Believe it or not.

Quand on se ballade sur les marchés de nuit, surtout à Taipei, on repère assez vite cette odeur d’andouillette, en pire. Pour moi ça sentait tellement les entrailles, la terreur et la mort, que je n’ai absolument pas pensé que ça pouvait être LE tofu. Je pensais que c’était les «fine noodles with intestines» (si toi aussi tu trouves que raffiné et intestins est un mariage qui a de quoi surprendre, tu n’es pas seul).

C’est après avoir mené courageusement l’enquête pendant plusieurs jours, en essayant de remonter à la source de l’odeur, que je me suis aperçue que cette odeur de cadavre était bien celle du fameux tofu. Les nouilles elles ne sentaient presque rien. Le mystère demeure entier: comment un truc végétal peut il sentir autant la charogne?

Pour le goût, je ne peux pas vous dire, je n’ai pas eu le courage de goûter, même la version friture dont le goût est moins prononcé paraît-il.

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La relève de la garde ressemble à une performance de K-Pop.

Au Mémorial Tchang Kaï-chek, deux gardes veillent en permanence au pied de l’immense statue de bronze. Normal, TKC est l’homme politique et la figure nationaliste la plus importante du pays. Toutes les heures, ces deux militaires en tenue sont relevés par deux autres et un troisième est chargé de mener la cérémonie. Parce que oui, ça a tout d’une cérémonie. Pendant 12 minutes, ils enchaînent les pas façon flamands roses et les déplacements dans une chorégraphie tellement compliquée qu’à la fin, on ne sait plus qui est qui. Si vous enlevez les fusils et rajoutez de la musique pop, on pourrait se croire aux Seoul Music Awards.

Mais le meilleur moment, c’est quand même à la fin quand le maître de cérémonie vient épousseter et défroisser leur pantalon qui s’était coincé dans leurs bottes. Je suis sûre que même les membres de BTS n’ont pas quelqu’un pour faire ça à leur place!

La collecte des ordures version marchand de glace

Je dois avouer que sur ce coup là, j’avais été prévenue. En allant manger chez l’excellent Foodi-jia-ba-buay, j’avais discuté avec le très gentil patron et lui avait demandé ce qu’il préférait à Taïwan. Il m’avait répondu les camions poubelles. Alors au début, à Taipei notamment, à chaque fois que j’en croisais un, je l’examinais sous toutes les coutures en pensant qu’il s’était moqué de moi. C’est à Kaohshiung que j’ai compris. En me baladant, je suis tombée sur ce truc bizarre avec en bruit de fond une petite musique comme celle du marchand de glaces aux États-Unis.

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Je croyais être dans Rencontres du 3ème type. Hyper excitée à l’idée de rencontrer des extra-terrestres, j’ai suivi la musique. Qui m’a menée au camion poubelle pour le recyclage. Pas un alien en vue. Juste les habitants du quartier qui venaient jeter leur poubelle et en profitaient pour discuter entre voisins (et accessoirement vérifier que le voisin du 3ème avait bien trié ses déchets cette fois).

Le trésor national du pays est un chou en jade. Accompagnée de son bout de viande en pierre.

Le musée phare de Taïwan est sans doute le National Palace Museum. En gros c’est là que sont exposées toutes les pièces que Tchang Kaï-Chek a embarquées avec lui quand il a fui les communistes pour monter un gouvernement à Taïwan. Ces pièces sont un vrai trésor pour les Taïwanais mais aussi pour les Chinois. A tel point que Taïwan a proposé de les céder à la Chine en échange de son indépendance.

Donc dans ce musée, il y a des pièces anciennes d’artisanat, des vases Ming, des gravures et des textes officiels hyper vieux. Mais ce qui attire vraiment les gens, ce pour quoi ils font la queue à l’extérieur de la salle, ce qui a droit à sa salle particulière avec affiches explicatives c’est ça:

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Un chou en Jade surmonté d’une sauterelle et une pierre taillée et peinte pour ressembler à un bout de viande. Deux pièces plutôt récentes mais qui ont gagné leur notoriété grâce aux visiteurs qui les ont choisies comme leurs pièces préférées. Si leur portée historique et artistique est plutôt réduite, elles n’en demeurent pas moins le clou de la visite et les best-sellers de la boutique souvenir.

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10 bonnes raisons d’aller voir des un tournoi de Sumo à Tokyo

En ce moment a lieu le tournoi de Sumo de Fukuoka, le Kyushu Basho.  Au Japon, il y a 6 tournois de sumo dans l’année (les mois impairs) et un sur deux a lieu à Tokyo au Kokugikan Sumo Hall. Le Jacques Chirac en moi avait très envie d’y assister. Alors lorsque j’ai planifié mon voyage au Japon, je me suis débrouillée pouvoir assister à un tournoi. J’ai adoré cette expérience, qui reste un de mes meilleurs souvenirs du séjour. Au delà de l’aspect divertissant, c’est l’occasion de rencontrer des Japonais et de participer, très humblement, à une tradition séculaire. Et pas besoin d’être un fin connaisseur pour apprécier. Si vous en doutez, voilà 10 bonnes raisons de tenter l’expérience:

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1. Parce que les rikishis (nom japonais des lutteurs) sont plus forts que Tom Brady, le quaterback superstar et mari de Gisèle Bündchen.

2. Parce que la boutique du Kokugikan Sumo Hall, propose tout ce que vous pouvez imaginer et même plus sur le sujet: livres, stylos, t-shirts, cartes postales mais aussi peluches et boules à neige.

3 Parce que sur une journée, vous pouvez voir toutes les catégories, des juniors à la Makuushi, la division des Yokozunas (les plus grands champions). Un peu comme si avant de voir un match de L1 vous commenciez par l’équipe des poussins pour enchaîner ensuite sur la division d’honneur et ainsi de suite

4 Parce que dans les rediffusions de l’équipe TV, on ne se rend pas bien compte du bruit que ça fait, deux types de 200 kilos qui se mettent des baffes.

 

5 Pour écouter le tambour accompagner la sortie des visiteurs. Même sous une pluie battante, c’est magique

6 Parce qu’un athlète de haut-niveau c’est pas seulement quelqu’un avec un corps tout en muscle.

7 Parce qu’on n’est plus au 18ème siècle et qu’il n’est plus possible d’aller voir du sumo féminin dans un bordel. Du coup il faut bien se rabattre sur les hommes. sumo-hist-art1

8. Parce que le rikkishi qui perd au bout de 45 secondes (voir moins) après des années d’entrainement mérite vos applaudissements

9. Parce que les supporters japonais ont préparé des chansons et des banderoles pour encourager leur chouchou.

10. Parce qu’avec un peu de chance, un Yokozuna se fera battre par un lutteur de niveau inférieur et on pourra lancer nos coussins sur le dojo.

 

 

Infos pratiques :

Il y a 6 tournois dans l’année (pendant les mois impairs) dans différentes villes : Tokyo, Osaka, Nagoya et Fukuoka. Chaque tournoi dure 15 jours.

Pour acheter des places, rendez-vous sur le site officiel . Les derniers jours des tournois, les week-ends et le tournoi de Tokyo sont très demandés. Vous aurez plus de chance en choisissant le début d’un tournoi, pendant la semaine. Sinon Trip Advisor propose des excursions à Tokyo, pour assister aux deux dernières divisions et visiter le musée. Ne réussissant pas à avoir des places, on est passé par eux. On a pu bénéficier de la visite du musée et de l’expertise de notre guide, qui était une fervente supportrice de Endo.

A Tokyo, il est possible de (bien) manger sur place. N’hésitez pas à vous promenez dans le quartier, vous croiserez sûrement des rikishis qui accepterons selfies et autographes.

Pour se renseigner, en France :

Le Paris Sumo Club

L’incontournable site dosukoi

Le livre de Kazumi Yoshinaga, Mémoire d’un lutteur de sumo raconte l’envers du décor d’une façon très abordable. C’est aussi un récit inspirant sur comment atteindre ses objectifs!