5 trucs à faire à Tucson et mon plus gros moment Pee-Wee Herman.

Mon moment Pee-Wee Herman le plus intense et le plus mémorable c’est sans doute la Casa de Calexico à Tucson. J’adore le groupe Calexico depuis que je suis ado; autant dire un sacré bout de temps. Leur musique me fait voyager quand le métro est puant et bondé ou quand je cours sous la pluie. Au dos de leur disque, il y a l’adresse de la Casa de Calexico, à Tucson, Arizona. Je rêvais de visiter cet endroit devenu mythique pour moi, que je fantasmais comme une grande maison accueillante pleine de musique où j’aurais été invitée à assister une séance d’enregistrement en sirotant une Blue Moon.

La vue que j’imaginais depuis la Casa de Calexico

Quand j’ai pu, j’ai donc organisé un mini road trip en transports en commun (je déteste conduire) en Arizona. Au programme bus Greyhound, métro et tram pour explorer Phoenix, Tempe, Scottsdale et Tucson. Un des premiers trucs que j’ai fait en arrivant à Tucson, c’est donc de prendre un tram puis un ou deux bus pour me rendre à l’adresse indiquée au dos des disques. Et là, le fail total: la Casa de Calexico, c’est une boîte postale. Pas l’ombre d’un rocking-chair sous un porche, pas la moindre note de steel-guitare. Juste une boîte postale. Fermée qui plus est. Mais bon, quitte à être là, autant en profiter. Alors voilà 5 trucs à faire à Tucson, une fois que vous aurez compris qu’il n’y a pas de Casa de Calexico, tout comme il n’y a pas de sous-sol à fort Alamo.

Moi prétendant avoir un plan B

*Découvrir les Javelinas à l’Arizona Sonora Desert Museum.

A Tucson, les gens ne disent pas Have a Nice day mais Jave a nice day! Enfin c’est ce que proclame le t-shirt que mon copain a ramené. T-shirt orné de l’adorable dessin d’un petit cochon qu’on appelle pécari dans le reste du monde mais que dans cet état de l’ouest proche de la frontière mexicaine on appelle Javelina. Je ne crois pas que j’avais déjà vu des pécaris avant de me rendre au Sonora Desert Museum.

Javelina dans son élément naturel. Je vous laisse imaginer le grognement.

J’ai donc découvert dans ce grand parc naturel ce mammifères qui ressemble à un cochon mais qui n’en est pas un et que l’on trouve en Amérique Centrale et dans le sud des États-Unis. Alors évidemment, ce sont des animaux sauvages et vous ne pourrez pas les nourrir ou les toucher. Mais les observer et écouter leurs petits grognements devrait suffire à vous faire passer un bon moment. Sauf si vous avez un cœur de pierre.

Si c’est le cas, vous pourrez toujours profiter de la visite de ce lieu, à mi-chemin entre le parc national et le zoo pour vous balader presque librement et découvrir la faune et la flore du Sonora Desert: des cactus bien évidemment mais aussi des serpents (en captivité), des rapaces , des chiens de prairies et des coyotes (entre autre). Le personnel présent sur place est très sympathique et pour peu que vous parliez anglais, ils vous apprendront plein de choses sur la région.

**Manger un mexican hot-dog au Guero Canelo

Les stands de hot-dogs à Tucson ne vendent pas n’importe quels hot-dogs. Ils vendent des hot-dogs mexicains. J’ai compris assez vite que j’allais devoir percer le mystère de cet emblème local de la gastronomie si je voulais rentrer chez moi moins bête. Sur les conseils d’un chauffeur de taxi, je me suis donc rendue au Guero Canello (en plus c’est le nom d’une chanson de Calexico, ça restait dans le thème de mon périple).

Je m’attendais à un truc façon cronuts, genre une saucisse dans un taco mais en fait le hot-doc mexicain, c’est un hot-dog avec du bacon. Dit comme ça ça peut paraître hyper décevant mais en vrai c’est assez fou de voir comment une simple tranche de bacon peut changer un plat pour le meilleur. Comme si le bacon sublimait la saucisse et vice-versa. En plus au Guero Canelo, vous avez plein d’options pour l’assaisonnement et de trucs à ajouter pour trouver la combinaison parfaite pour vous. Le tout pour une poignée de dollars.

***Avoir la trouille de votre vie dans une Slaughter House

Octobre est un excellent mois pour visiter l’Arizona. D’abord parce qu’il fera suffisamment chaud pour profiter de la piscine du motel mais aussi suffisamment frais pour faire des randonnées sans mourir de déshydratation ou d’insolation. Ensuite, vous pourrez découvrir l’ambiance particulière du mois d’octobre aux Etat-Unis en général et dans le sud en particulier. Si chez nous octobre est un mois plutôt insignifiant qui débouche sur la Toussaint, ce jour férié lugubre pendant lequel le seul truc que tu peux faire c’est aller acheter des chrysanthèmes, aux États-Unis, c’est la période d’Halloween et c’est beaucoup plus festif. Dans les états proche de la frontière sud, l’influence mexicaine se fait sentir. Les calaveras, ces squelettes maquillées et habillés si caractéristiques de Dias de los Muertos cohabitent joyeusement avec les citrouilles et autres chats noirs typiquement américains.

De nombreuses activités sont proposées pour que chacun puisse proposer à fond de cette fête : marché aux cirouilles, labyrinthe dans des champs de blé et slaughter house (maison hantée grandeur nature). J’ai donc tenté la slaughter house en me disant naïvement que le fait d’avoir vu Sinister et l’Exorciste m’avait préparé à cette «maison du massacre». SPOILER ALERT: NON.

Avouez que rien que l’entrée fait flipper

Alors déjà il n’y a pas une mais cinq maisons à visiter. Et puis ce ne sont pas des maisons comme chez Stéphane Plaza, ce sont des décors aménagés dans des entrepôts. Si le cimetière victorien était juste malaisant, je peux vous dire que les tueurs psychopathes dans l’abattoir m’ont vraiment collé la trouille de ma vie. Pire que les clowns dans le labyrinthe, et pourtant je déteste les clowns et les labyrinthes. Pour 15 dollars, il y a des décors très réalistes et créatifs et tous les jeunes du coin maquillés comme la fiancée de Chucky qui vous poursuivent en hurlant. On a discuté avec un père de famille dont les enfants adolescents travaillaient là. Il a fait le tour de toutes les attractions sans les reconnaître.

Au final, j’ai vécu l’expérience la plus divertissante et la plus effrayante de ma vie. J’ai du laisser la lumière de la chambre du motel allumée pour dormir (et on était 2 dans cette chambre). Mais je ne regrette pas un instant cette soirée. J’ai pu regarder la suite de Conjuring sans fermer les yeux et j’ai même pas hurlé quand j’ai sursauté en allant visiter le Manoir de Paris quelques mois après.

**** Se recueillir à El Tiradito

El Tiradito est réputé comme étant le seul «temple» catholique du grand ouest. Et il n’est pas dédié à un saint mais à un jeune homme de 18 ans qui avait pêché par amour. Son histoire est une histoire d’amour, de vengeance et d’Indiens comme celles qui ont forgé le mythe de l’ouest américain au 19ème siècle. Elle a fait de lui un véritable héros local vénéré par les habitants.

En 1870, Juan Oliveras est marié à la fille de son riche patron, propriétaire du ranch où il travaille. Il délaisse sa jeune épouse et vit une passion interdite avec… Sa belle-mère. Oui, la femme de son patron, la mère de sa femme. Un jour, son beau-père les surprend à Tucson en pleine action. Il fait ce que n’importe quel mari trompé de l’époque aurait fait: il assassine Juan Oliveras en plein Barrio Viejo (aujourd’hui le quartier historique et coloré de la ville). Le beau-père assassin s’enfuit pour ne pas se faire prendre et sa femme (la maîtresse de Juan) se suicide. Mais dans l’Ouest impitoyable, le Karma de l’assassin se manifeste sous la forme d’une bande d’Indiens Apaches qui le scalpe et lui fait subir tout un tas de trucs douloureux avant de l’attacher à un immense cactus Saguaro pour qu’il y agonise. Depuis, les gens laissent bougies, fleurs et offrandes à l’endroit où Juan rendit son dernier soupir, au 420 South Main Avenue.

El Tiradito sous le soleil couchant

L’endroit est assez unique en son genre, de part sa spontanéité et l’histoire qu’il commémore. C’est devenu un incontournable de la ville et les habitants y sont très attachés. A tel point qu’un projet d’autoroute a été modifié pour préserver le lieu. Alors n’hésitez pas à aller allumer une bougie pour le pauvre Juan, victime de l’amour. Ça ne fait jamais de mal et ça vous donnera l’occasion de visiter le Bario Viejo et son architecture pré-coloniale.

***** Aller voir un concert.

Tucson est une terre très accueillante pour les musiciens indépendants. Sans doute car la vie y est peu chère. En plus de Calexico, Tucson est aussi la ville de Giant Sand et Howie Gelb ou de Xixa. Il y a de nombreuses salles qui proposent des concerts, des bars dans lesquels les groupes se produisent et l’ambiance est toujours géniale.

Mon meilleur souvenir de concert à Tucson est sans doute Carolina Chocolate Drop au Rialto Theâtre. La salle est magnifique. Il s’agit d’un ancien cinéma qui a eu mille vies avant de devenir une salle de concert, un entrepôt, un cinéma puis un cinéma spécialisé dans les films espagnols puis un cinéma spécialisé dans la projection de films X.

Il y a des concerts très régulièrement de groupes plus ou moins connus chez nous. Les billets sont en vente sur Internet ou bien directement au guichet. C’est l’occasion de découvrir des groupes et de partager une excellente soirée avec les gens du coin qui sont un public très démonstratif: ils dansent, chantent, crient et mettent une super ambiance. Les groupes ne sont pas forcément du coin.

Si vous voulez voir des groupes locaux, privilégiez les bars du centre ville ou bien le club de l’hôtel Congress. La programmation y est de qualité et le lieu est lui aussi mythique. C’est dans cet hôtel centenaire que le gangster John Dillinger a été capturé en 1934.

Je vous laisse avec l’hymne de Tucson qui illustre assez fidèlement l’ambiance cool et assez peu prise de tête de la ville

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