Elvis & Nixon: Aloha from DC

Vous savez ce voisin dans la chanson de NTM qui «en bon fan d’Elvis passe son week-end à foutre à fond des live de Memphis»? Et bien c’est un peu moi. Depuis ma prime jeunesse, je suis fan d’Elvis Presley. J’ai appris à jouer certains de ses morceaux au violon, j’ai tanné mon père pour qu’il achète les disques, je connais par cœur ses mimiques dans Aloha from Hawaii et j’ai harcelé mon mec pour qu’on aille visiter Graceland (au final, il a bien aimé).

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Donc quand il y a «Elvis» dans le titre d’un film, j’y vais. Et quand Elvis est joué par Michael Shannon, j’y vais en toute confiance.

Je suis donc allé voir Elvis & Nixon à la fois ravie et curieuse. Le film raconte la rencontre entre Elvis Presley et Richard Nixon, à la demande du King, à la Maison Blanche le 21 décembre 1970. Presley avait sollicité cette entrevue afin de faire part au Président de son envie de s’engager pour son pays en luttant contre la drogue. Il souhaitait devenir un agent fédéral «non officiel».

L’intrigue du film est plutôt mince: on sait qu’Elvis va rencontrer Nixon et qu’il n’aura pas un rôle majeur dans la lutte contre la drogue. Même si quelques personnages et intrigues secondaires (à noter Jonny Knoxville en acolyte d’Elvis) viennent nourrir les 1h30 de film, il faut bien se dire que ce n’est pas pour l’histoire qu’il faut se déplacer. Le réalisateur essaye bien d’instaurer quelques ressorts comiques, qui reposent essentiellement sur l’absurdité de la demande d’Elvis Presley mais la blague est assez vite usée jusqu’à la corde. De même, le paradoxe entre Elvis qui se revendique comme un adulte tout en apparaissant comme un enfant qui veut devenir agent secret est bien trop appuyé et lasse rapidement.

Le film tient avant tout grâce aux deux acteurs principaux. Le parti pris des acteurs et du réalisateur est de ne pas d’être dans l’imitation ou le concours de sosie mais plutôt dans l’évocation. Michael Shannon ne ressemble pas du tout à Elvis mais lui emprunte ses objets fétiches (lunettes, bijoux) et quelques attitudes qui suffisent à poser le personnage. Il s’en sort ainsi honorablement, sans être dans la caricature et en pouvant jouer Elvis qui va voir Nixon plutôt qu’en imitant le King. Nixon lui est joué par Kevin Spacey (qui a l’air de se spécialiser dans les rôles de Président des États-Unis. J’ai hâte de le voir en Trump ou en Hillary Clinton). Il adopte la même technique (costard, dos voûté) mais comme je suis moins familière de Nixon, je ne suis pas pu autant projeter le personnage. Lui aussi s’en sort en évitant d’être ridicule, ce qui n’est déjà pas si mal.

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Le vrai point fort d’Elvis & Nixon est de montrer le pouvoir d’attraction et de séduction qu’Elvis Presley exerçait, sans toujours le vouloir sur les gens. Il y a bien sur tous les fans, tous ceux qui sont fascinés mais aussi ceux qui, sceptiques ou hostiles y vont de leur petit commentaire et qui finissent par reconnaître son charme et sa gentillesse. Le film s’emploie à montrer un Elvis, à la fois superstar un peu déconnecté mais aussi très humain. L’hypothèse du film est que, dans ce monde où il peut presque tout obtenir, son alter-ego devient alors le Président des États-Unis. Cela donne naissance à quelques scènes en miroir plutôt réussies et un monologue sur les fragilités d’Elvis plutôt artificiel.

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En ressortant du film, j’étais plutôt de bonne humeur. La bande son est assez bonne, les acteurs agréables et quelques scènes sont vraiment bien senties. J’ai passé un bon moment. Je pense que j’en aurais passé un tout aussi bon avec un disque ou une bio. Ou à l’expo des archives nationales.

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Lonesome Dove 2, la revanche des sentiments.

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Lonesome Dove épisode 2 est la suite de Lonesome Dove épisode 1, comme vous auriez pu vous en douter. Et pour lire le 2, il faut avoir lu le 1 (et en règle général, dans la vie, tout le monde devrait lire le tome 1 car c’est un super livre.). Dans ce tome, Gus, le Capitaine et leur fine équipe poursuivent leur voyage depuis le Texas vers le Montana. Le périple comprend une étape chez Clara, le grand amour de Gus, pour l’aspect romantique, des révélations sur la paternité, pour l’aspect Shakespearien, de la justice rendue façon far-west, pour l’aspect dramatique et aussi pas mal de rencontres avec des bandits et des Indiens.

Si le premier tome avait été très descriptif et contemplatif, le second est riche en rebondissements. Ceux-ci sont cette fois-ci plus variés puisque, en plus des péripéties liées à la difficulté de transporter du bétail du Nord au Sud des États-Unis, l’équipe de Hat Creek va devoir faire face à ses sentiments et ça, ça ne peut pas se résoudre en un coup de lasso ou de revolver. Un des talents de Larry Mcmurtry est de confronter ses personnages à des événements inattendus mais réalistes. On n’a jamais l’impression que les scènes sont absurdes ou que le sort s’acharne sur tel ou tel membre de l’équipe. J’ai pris énormément de plaisir à voir l’histoire évoluer. Moi qui d’habitude anticipe les obstacles que les personnages vont rencontrer, j’ai été très surprise par le déroulement des événements dans ce roman. Je crois que j’ai fini presque chaque chapitre le souffle coupé en me disant «Mais c’est pas possible! Comment vont-ils s’en sortir!» (Attention spoiler, la plupart du temps, ils ne s’en sortent pas.)

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L’autre talent de Larry Mcmurtry est d’avoir créé des personnages très bien caractérisés avec une logique d’action affirmée. Ainsi, quand un personnage comme le Capitaine dont le moteur d’action principal est l’honneur doit choisir entre une vieille amitié et l’honneur, on comprend son choix, même s’il nous brise le cœur. Vous l’aurez peut-être compris, ce tome 2 est assez triste. L’auteur passe tout le tome 1 à nous dépeindre des personnages très attachants pour ensuite pulvériser leurs illusions ou bien les détruire. Mon cœur a été brisé à de nombreuses reprises pendant ces 620 pages mais je ne regrette pas ma lecture. On est en pleine conquête de l’Ouest, période violente durant laquelle la vie n’avait pas le même prix qu’aujourd’hui (par exemple, on punissait de pendaison les voleurs de chevaux). C’est un bon moyen de se rappeler à quel point la création des États-Unis a été violente et récente. Cela permet, peut-être, d’apporter un éclairage sur les différences culturelles entre l’Europe et ce pays et de mieux comprendre certains phénomènes qui, de chez nous, semblent absurdes.

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C’est donc le cœur serré que j’ai refermé Lonesome Dove. D’abord à cause de l’histoire mais aussi car je ne retrouverais plus tous ces personnages que j’ai appris à aimer pendant 1200 pages. Fini les descriptions des cours d’eau entre le Texas et le Montana, fini les discussions entre cow-boys sur les choses de l’amour et les putains, fini les recettes de sauterelles à la mélasse de Po Campo. Je n’aimerait pas être le livre que je vais lire après, car il risque de souffrir de la comparaison. Si d’ailleurs vous avez des suggestions de lecture je suis plus que preneuse.

En attendant de trouver le prochain livre qui fera battre mon cœur, je vais me consoler avec la mini-série.

 

The Neon Demon, de la A list à la série Z

Cela fait plus d’une semaine que j’ai vu The Neon Demon et je ne sais toujours pas quoi en penser. Quand j’en parle autour de moi, les réponses sont toujours très tranchées, du «Quoi, mais tu n’as pas reconnu le pur génie à l’œuvre?» au «Mais, tu ne t’es pas rendu compte du navet que c’est?». Pas très constructif donc.

The Neon Demon de Nicolas Winding Refn, raconte l’histoire de Jesse, jeune et jolie fille qui vient à Los Angeles pour faire carrière dans le mannequinat. Sa route est jalonnée de rencontres, plus ou moins bienveillantes (plutôt moins en fait). Ce parcours initiatique est, pour le réalisateur, l’occasion d’aborder un sujet qui habite toute son œuvre, au moins d’un point de vue formel: la beauté. Les échanges entre les personnages à ce sujet sont l’occasion pour lui de défendre son point de vue (pas très original) de façon plus ou moins habile. Et pour lui, la beauté est tout et se suffit à elle-même.

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C’est un peu ce qui m’a gênée dans le film. Cette fois ci, encore plus que d’habitude, NWR (on n’est pas intime lui et moi mais à chaque fois que j’écris son nom, j’ai peur de l’écorcher) privilégie la forme au fond. L’histoire est du coup assez plate et manque d’enjeux. Ce choix de la forme se révèle encore plus décevant quand le film bascule dans la série Z. Nécrophilie, bastons entre filles, cannibalisme: après les séances photos glamour, on vire dans le gore. Mais ce que j’aime moi dans le gore, c’est le sang qui gicle n’importe comment, les membres qui sautent et les têtes déformées. Ce qui n’est apparemment pas le truc de NWR qui s’évertue à filmer ces scènes avec son esthétisme habituel voir à ne pas les filmer du tout. Si on a le droit à une scène de nécrophilie hyper léchée (désolée pour le jeu de mots), le cannibalisme est passé sous silence. Sans doute pas assez glam pour le film. J’aurais aimé voir ce que le traitement de l’image à la NWR pouvait donner dans le registre gore et, tout simplement, m’amuser un peu avec des scènes de série Z.

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Cette déception n’était en fait pas la première. J’ai cru au début que The Neon Demon allait proposer des personnages féminins forts. C’était bien parti. Le premier quart d’heure, il passe le Beschdel test. Après, ça se gâte. Déjà pour la solidarité féminine on repassera. Et puis, le traitement des personnages (masculins et féminins) est très superficiel. La dualité de Jesse, femme enfant naïve qui s’avère être en fait une ambitieuse redoutable , «dangereuse» disait sa mère est seulement évoqué, en trois répliques tout au plus. Pareil pour Ruby qui passe de la grande sœur bienveillante à la prédatrice sexuelle, motivée par le désir la où ses copines sont motivés par la jalousie. Les personnages sont plutôt monolithiques et pas très nuancés. Ce qui n’aide pas l’empathie et ne stimule pas vraiment le suspense.

A cela s’ajoute la réflexion un peu lourdingue sur la beauté. J’avoue que j’ai un peu de mal quand les réalisateurs justifient leur film, ses défauts et essayent de faire passer leur message de façon directe par les personnages. Ça me donne l’impression qu’on me prend pour une idiote qui pourrait ne pas avoir compris. Ou que le réalisateur ne s’est pas donné la peine de la subtilité.

J’étais hyper impatiente de voir le film mais, de déception en déceptions, j’ai attendu la fin avec impatience, en me tortillant sur mon siège tellement je m’ennuyais. C’est dommage car il y avait des choses plutôt prometteuses, comme des moments à la limite du fantastique, une héroïne pas si naïve ou bien Keanu Reeves dans un excellent second rôle.

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Je continuerais quand même à donner leur chance aux films hués à Cannes, pour être sûr de ne pas rater un chef d’œuvre. N’oublions pas que c’est le festival qui avait conspué Pulp Fiction!

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Nos Souvenirs, le survival des suicidaires

A l’époque où il tournait la Défense Lincoln, Matthew McConaughey avait, il me semble, déclaré ne plus vouloir tourner de films au nord du Mississippi. Installé avec femme et enfants à Austin, au Texas, il ne souhaitait plus s’aventurer trop loin de chez lui. Il s’est plutôt bien tenu à ce principe et on peut dire que cela lui a plutôt réussi. Sa carrière est passée de la comédie romantique plus ou moins heureuse aux films indépendants exigeants. Ce qui lui a sans doute permis d’avoir un Oscar.

Quand j’ai vu qu’il s’aventurait très loin de chez lui, au Japon, pour un film, j’étais plus que curieuse de voir ça. Je me suis donc enfermée, par un beau jour férié ensoleillé dans une salle de cinéma pour découvrir Nos Souvenirs, de Gus Van Sant et ce qui avait poussé Matthex McConaughey à déroger à sa règle.

Dans Nos Souvenirs, Matthew McConaughey incarne Arthur, un Américian qui se rend au Japon, dans la forêt d’Aokigahara, pour se suicider. Alors qu’il voit sa vie défiler devant ses yeux, il rencontre Takumi Nakamura, venu aussi pour mettre fin à ses jours mais qui a changé d’avis et veut rentrer chez lui. Arthur entreprend d’aider Takumi à sortir de la forêt.

Gus Van Sant a toujours été pour moi un réalisateur caméléon, capable de maîtriser aussi bien le mélo hollywoodien (Will Hunting) que la satire sociale (Prête à tout) et le teen-movie indé (Paranoid Park) sans oublier le film presque expérimental (Gerry). Et même si je ne suis pas sensible à tout, je crois qu’il y a assez peu de ratés.

Premier constat et, pour moi, première déception, Nos Souvenirs s’inscrit dans cette veine des films de survie. On a eu le survival dans l’espace, le survival dans la neige, le survival dans le désert et là, on a le survival dans la forêt. Certes, celui-ci est moins formel que d’autres mais on assiste quand même à des scènes où les acteurs malmenés cherchent de l’eau/un abri/ des vêtements/ une issue. Je dois dire que je ne suis pas fan de ce genre à la base et que je commence vraiment à être lassée de le voir s’immiscer dans de nombreux films. Je me demande ce que les historiens du cinéma penseront à l’avenir de cette vague de films de survie. On risque de passer pour une bande de paranos narcissiques obsédée par la fin du monde et la survie de son espèce…

Dans Nos Souvenirs, l’originalité vient du fait que les personnes qui cherchent à survivre sont celles qui, au début, voulaient mourir. Malheureusement, cette particularité fait perdre tout enjeu à leur quête. Je n’ai pas été vraiment prise par cet aspect du film et ai été beaucoup plus séduite par l’autre intrigue, celle des souvenirs d’Arthur et sa femme (Naomi Watts).

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Car la véritable histoire du film est bien là: celle d’Arthur et de sa femme, couple marié qui connaît des hauts et des bas et dont on comprend qu’elle est la raison qui mène Arthur au Japon pour mourir. Gus Van Sant nous offre ici des scènes réalistes, originales et touchantes plutôt réussies. Elles permettent de créer de l’empathie autour du personnage d’Arthur et de l’intérêt pour ses motivations.

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Vous l’avez compris, je sors de ce film plus que mitigée. Si la réalisation est très belle et les acteurs bons, le film en lui même n’a rien d’exceptionnel. La fin m’est apparue beaucoup trop explicative et lourde. Elle invalide presque toutes les séquences réussies du film en laissant une impression de pesanteur et de «je t’explique tout au cas où tu n’aurais rien compris à mon génial twist de réalisateur à la fin». Désagréable mais pas non plus de quoi huer le film lors de sa projection à Cannes l’année dernière.

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Quant à Matthew McConaughey, à part la perspective de tourner avec Gus Van Sant et de visiter le Japon, je ne vois pas ce qui a pu le pousser à s’aventurer si loin de chez lui. Et puis j’ai regardé une carte. En fait, le Japon n’est pas très au Nord du Mississippi si on regarde attentivement. L’entorse à la règle était donc mineure!

La reine ou les Harlem Globetrotters?

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Début avril, pour mon anniversaire, mon copain m’a offert des places pour aller voir les Harlem Globetrotters, cette équipe de basket acrobatique originaire de Chicago (comme son nom ne l’indique pas) et qui se produit dans le monde entier. Le show mêle match de basket, prouesses techniques et humour potache, sur fond de musique pop et d’apparitions de Globie, la mascotte trop mignonne. C’était un de mes rêves depuis toute petite. J’étais donc excitée comme une puce de me rendre à Bercy samedi soir.

Et je n’étais pas la seule à fêter son anniversaire puisque c’était également les 90 ans des Harlem Globetrotters. Et devinez qui fêtait aussi ses 90 ans? Pas moi évidement, mais la Reine d’Angleterre. Et plus le match avançait, plus je me disais que les deux avaient pas mal de points communs.

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Pour commencer, les deux ont vu le jour en 1926, année marquée par l’essor du communisme, quelques coups d’état, la construction européenne et, il faut le souligner le passage à la semaine de 40 heures pour les fourreurs américains. C’est aussi l’année de naissance de Jerry Lewis, Valery Giscard d’Estaing, Hugh Heffner et Leslie Nielsen. Une bonne année pour l’humour dirons nous.

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Ensuite, les deux ont parcourus le monde. Les Harlem Globetrotters peuvent se vanter d’avoir joué plus de 26 000 matchs dans 122 pays (sur 197) tandis que cette chère Queen Mum a effectué des visites dans plus de 130 pays. Et ils ont même visité des pays qui n’existent plus!

Et comme si ça ne suffisait pas, comme toute célébrité qui se respecte, la reine Elizabeth et les Harlem Globetrotters ont des amis célèbres. Nelson Mandela et les Pape Jean-Paul 2 et François ont été nommés membres honorifiques des Harlem Globetrotters. Elizabeth, elle, se fait prendre en photo par Annie Leibowitz et fête son anniversaire avec Barack Obama.

Et que fait une célébrité quand elle a une vie super cool? Elle rétablit (un peu) la balance en faisant preuve de générosité. La reine parraine plus de 600 associations caritatives: enfance, animaux, environnement, sport, santé, rien ne lui échappe. Les Harlem Globetrotters eux, ont recentré leur mission. Si le niveau de cette équipe, entièrement afro-américaine, a sans doute participé à la lutte contre la ségrégation à ses débuts, leur engagement militant est aujourd’hui tourné vers l’enfance et l’éducation, plus particulièrement les enfants malades et ceux victimes de harcèlement à l’école.

Enfin, la Reine Elizabeth et les Harlem Globetrotters collectionnent les records dans des domaines variés. Elizabeth 2 est le monarque britannique à avoir régné le plus longtemps (c’est aussi le 2ème règne le plus long au monde, derrière le roi thaïlandais Bhumibol Adulyadej). C’est aussi celle qui a visité le plus de pays, a été la première à envoyer un mail, un message sur la lune et à sortir pour un bain de foule. Les Harlem Globetrotters ont eu 7 records homologués dans le Guinness book que vous pouvez découvrir ici en vidéo:

Enfin, ces deux institutions sont maintenant des monuments de la pop culture. Apparitions télé, produits dérivés, expressions populaires, on ne compte plus les allusions à ces deux monuments dans la pop culture. Voyons si vous êtes au point!

Alors la reine, les Harlem Globetrotters ou les deux?

Qui a fait une apparition dans les Simpsons ?

Les deux!

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Qui est un personnage récurent de Futurama ?

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Les Harlem Globetrotters, la Reine, elle a «roulé le grand Cigar»

Qui a eu son propre show?

Les deux. Un documentaire un peu barbant pour la Reine vs un dessin animé Hanna Barbera pour les Harlem Globetrotters:

Qui a inspiré des titres aux Beatles, à Primal Scream et aux Smith ?

Elizabeth, évidemment. Les Harlem Globetrotters se «contentent» d’un hymne et d’un générique.

Qui a créé sa propre race de chiens?

La reine, un croisement de teckel et de Corgi le Dorgi Un petit chien qui doit galérer avec ses petites pattes pour sauter sur le canapé. L’antithèse du basketteur quoi.

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Mes concerts à venir

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Le printemps est une saison que j’adore pour beaucoup de raisons; l’une d’elle est que c’est généralement le moment où ont lieu plein de chouettes concerts à Paris. Et quand on y va, pas besoin de porter son attirail d’hiver (doudoune, écharpe, bonnet, gants) pendant qu’on profite du show. Enfin, j’adore sortir d’un concert quand il fait encore jour et aller boire un verre en terrasse pour prolonger ce moment.

Alors voici ma programmation pour le printemps 2016, qui pourra encore s’enrichir en fonction des annonces et coups de cœur de dernière minute. Peut-être qu’on se croisera à certains d’entre eux.

On commence mardi 19 avril avec Giant Sand au Trabendo.

Ce sera peut-être l’un des derniers concerts d’Howe Gelb et du groupe. Lors de leur concerts à la Gaîté lyrique en décembre, Howe avait annoncé qu’il se sentait trop vieux pour continuer le groupevgbbbbbb. Le concert avait pris l’allure d’un passage de relais aux plus jeunes (sa fille, ses musiciens). Le concert avait vraiment été très bon et très émouvant. J’ai à la fois hâte de voir ce que nous réserve celui du Trabendo et en même temps, je voudrais que ça arrive le plus tard possible. Parce que c’est sans doute la dernière fois que je les verrai sur scène.

Je serais ensuite le 3 mai à la Cigale pour écouter The Kills.

L’annonce de cette date m’avait mise dans tous mes états. J’adore ce groupe mais je n’ai malheureusement que trop peu l’occasion de les voir sur scène. Souvent, quand ils annoncent une date, soit j’ai déjà des places pour un autre groupe que j’adore le même soir, soit je ne suis pas à Paris. J’étais tombée amoureuse de leur précédent album, Blood Pressure, du genre à l’écouter en boucle des journées entières. Et là, j’ai ressenti la même chose avec leur nouveau single. J’espère que le nouvel album sera à la hauteur de mes espérances mais je leur fais confiance.

Le 11 mai, j’irai écouter XIXA à la Flèche d’Or.

XIXA, ce sont deux des musiciens de Giant Sand, que j’ai découvert lors du concert de la Gaîté Lyrique. Certaines chansons me transportent instantanément à Tucson, au milieu des javelinas et des cactus saguaro (un jour il faudra que je vous dise tout l’amour que j’ai pour cette ville). D’autres, plus pop ou plus folk, permettent de vraiment apprécier la qualité des compositions du groupe, même si on n’a pas d’affinités avec la Cumbia (ce que j’ai personnellement du mal à concevoir).

Puis le 5 juin, ce sera We Love Green, au parc de Vincennes.

La programmation est vraiment bien faite pour moi puisque les trois groupes que je veux voir passent le même jour.

La première qui m’a décidée à prendre mon billet c’est PJ Harvey

Je crois que j’ai aimé les albums de PJ Harvey dès que j’ai découvert To Bring you my Love et ses chansons hypnotiques. Elle est assez vite devenue une référence, un modèle pour l’ado que j’étais. Je l’ai suivie attentivement pendant des années, allant la voir en concert à chaque fois que je pouvais (4 ou 5 fois je crois, dont une avec Marainne Faithfull). Et puis j’avais lâché à la sortie de White Chalk, qui ne me parlait pas du tout. Son nouveau titre m’a vraiment convaincue, j’espère que la suite et surtout le concert seront à la hauteur. Et qu’elle jouera ses premières chansons!

Je profiterais aussi ce soir là de Fat White Family

J’ai découvert ce groupe en concert à Rock en Seine il y a deux ans je crois, et ça a vraiment été un coup de foudre. Voir Fat White Family en concert, c’est un peu comme être invité  à une boum chez Dionysos (le dieu, pas le groupe) ou aller à un brunch avec Jim Morrison (le vrai). C’est décadent et bon enfant . On en prend plein les yeux, plein les oreilles et ça fait du bien. Le groupe a d’excellentes compositions et une présence sur scène que beaucoup doivent leur envier. Il enchaîne les dates en étant toujours aussi généreux et délirant, comme si chacun de leurs concerts était à la fois le premier et le dernier.

Enfin, ce We Love Green sera pour moi l’occasion de voir Air sur scène pour la première fois.

L’électro n’est pas mon genre de prédilection. Je me déplace rarement pour aller voir ces groupes en concert mais Air a une place particulière dans mon cœur. Je me souviens de la première fois où je les ai entendu (à Nulle Part Ailleurs, en 1998 sur Sexy Boy). J’avais acheté le single le lendemain. J’ai eu tout de suite l’impression que c’était quelque chose d’unique qui annonçait un phénomène plus grand. Un peu comme quand j’avais vu les Worlds Apart chez Charly et Lulu. J’avoue que je suis curieuse de voir ce qu’ils ont préparé au niveau visuel pour ce live (Air, pas les Worlds Apart).

Et je finirai ce printemps 2016 avec FIDLAR au Trianon le 13 juillet.

FIDLAR, c’est mes sales gosses préférés. A chaque fois que je les entends, j’ai le sourire et envie de faire plein de trucs débiles. Et je ne dois pas être la seule quand je repense à l’ambiance de leur dernier concert auquel j’avais assisté au Trabendo. J’ai un peu du mal à les imaginer dans ce joli théâtre du XIXème siècle qu’est le Trianon, avec ses places assises et ses colonnes. J’espère qu’ils seront inspirés, et le public aussi.

Et vous, qui allez-vous voir?

Room, allez vous enfermer!

 

Je ne sais pas si vous vous souvenez d’Elisabeth Fritzl, Natascha Kampush , Jaycee Lee Dugard ou bien des disparues de Ohio (Amanda Berry, Georgina DeJesus et Michele Knight). Moi oui. Toutes ces jeunes femmes ont été retrouvées, des années après leurs disparitions et leurs enlèvements. J’avais passé des heures à me documenter sur ces histoires hors du commun. Au delà-de l’horreur de ce qu’elles avaient vécues, de la joie de les voir libres à nouveau, je me posais des milliers de questions. Et apparemment, je n’étais pas la seule. Je suis donc allée voir Room de Lenny Abrahamson.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, Room raconte l’histoire de Joy, kidnappée 7 ans auparavant par «Old Nick» et qui a donné naissance à l’enfant de son ravisseur durant sa captivité. L’enfant a 5 ans lorsque le film débute et il va permettre à sa mère de s’évader. Le film raconte donc la captivité et l’après.

Dit comme ça, on se dit que ce film est complètement glauque et voyeur et qu’on va pleurer pendant deux heures. Mais le réalisateur a pris le parti de filmer du point de vue de Jack ce qui fait de Room un film plutôt optimiste: Jack a été préservé par sa mère, Jack est un enfant qui s’adapte et qui est tourné vers l’avenir.

La première partie du film est extrêmement bien réussie. Le film dépeint la réalité de la chambre d’après les émotions de Jack pour qui elle est le monde puis c’est la vision de Joy, qui est privilégiée. La chambre est donc à la fois le monde, le lieu de l’horreur et celui de l’enfermement. Les scènes sont saisissantes, angoissantes et grâce au talent des acteurs (Oscar amplement mérité pour Brie Larson et mention spéciale pour le jeune Jacob Tremblay). Grâce à eux, l’empathie est vraiment très forte et on passe par tout un panel d’émotion qui vont du désespoir à l’admiration en passant par le dégoût et l’attendrissement.

Cette charge émotionnelle atteint son apogée avec la séquence de l’évasion. Cela faisait longtemps que je n’avais pas été à ce point là saisie par l’enjeu d’une scène.

Le reste du film est malheureusement bien moins prenant. Alors que la réalisation des séquences de captivité était au plus proche des émotions de Joy et son fils, la réalisation devient celle d’un téléfilm de l’après-midi une fois les héros lâchés dans le monde extérieur. Les personnages secondaires sont de simples apparitions et restent très transparents face au duo incarnée par Joy et son fils.

On peut regretter que le film se termine sur cette deuxième partie moins originale et moins forte. On ressort avec une impression en demi teinte, qui ne rend pas justice au film. Il faut donc garder en mémoire la première partie, qui à elle seule vaut vraiment la peine.

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Si vous en voulez plus:

Brie Larson a aussi joué dans States of Grace, un film plutôt chouette (en particulier la scène d’ouverture).

Le témoignage de Michelle Knight, l’une des disparues de Cleveland.

The revenant, moi aussi j’ai survécu

Je ne pouvais décemment pas manquer le film pour lequel Leonardo Di Caprio, l’icône de mon adolescence avait eu un Oscar. Après avoir suivi assidûment sa carrière jusqu’en 2010 et Inception, j’avais un peu décroché, même si j’avais quand même apprécié Gatsby et, bien sûr, Django.

Et puis Inaritu a fait des films que j’ai plutôt bien aimés, à part Birdman, mais ça c’est une autre histoire.

C’est donc vaillamment que je me suis rendue au ciné, prête pour les 2 heures 36 de The Revenant.

Je n’irais pas jusqu’à dire que j’aurais mieux fait de faire autre chose mais presque.

Le film commence plutôt bien: un décor de western glacial, des trappeurs et des Indiens qui luttent pour leur survie, leur territoire, leur histoire, leur civilisation… Bref, j’avais l’impression d’être au bon endroit.

Et puis, passé ces premières séquences, c’est l’ennui qui s’installe. Le film devient très répétitif, on a l’impression d’assister à une déclinaison cinématographique pompeuse et grandiloquente du matou revient le jour suivant. La nature, les Indiens, les éléments, les autres trappeurs, tout est ligué contre Hugh Glass et on se demande ce qui va encore lui tomber dessus. Et moi je me demande si je ne suis complètement maso pour être venue voir une de mes idoles se faire massacrer de 1001 façon différentes. A la fin du film, entre l’âge et les séquelles, j’avais du mal à le reconnaître.

L’autre point noir du film, c’est qu’Inaritu n’assume pas le côté grosse production à Oscars du film. On a l’impression qu’il veut quand même lui donner une caution film d’auteur. Alors il intègre des flash-back poétiques assez clichés et incongrus. Qui rallongent encore un peu le film.

Au bout de 2h30, alors que la fin (du film) est proche, on se dit qu’elle va être grandiose. Parce qu’il faut récompenser ce pauvre Leo qui a pris cher, et le spectateur qui, comme moi se demande un peu quel est le sens de tout ça. Alors sans spoiler personne, on peut le dire, la fin est bien plus décevante que le début, et pire que le milieu, tant sur le fond que sur la forme. La morale est plutôt convenue et très politiquement correcte (la vengeance c’est mal), ce qui invalide la motivation du héros pendant tout le film. Plutôt qu’un retournement, ce message sonne comme une trahison à l’intégrité du personnage. Quant à la réalisation, après cette débauche de coups, de bêtes sauvages et de catastrophes naturelles en tout genre, on aurait aimé plus. Mais au moins, on en a fini avec ce film et Leo a eu son Oscar. Tout le monde est content.

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Je suis sans doute un peu dure et le film a quand même des qualités (paysages magnifiques, plans superbes et distribution réussie). Mais je trouve un peu dommage que la collaboration entre le réalisateur de 21 grammes et de Babel avec l’acteur de Gilbert Grape et Shutter Island donne naissance à 2h30 de grognements et d’épreuves dignes d’un Koh Lanta dans la neige pensé par le pervers de Saw.

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