Always look on the bright side of life: 5 fails à transformer en bon plan en voyage.

Comme ça vous l’avez dans la tête aussi. De rien.

Always look on the bright side of life chantaient les Monty Pythons. Plus facile à dire qu’à faire. Surtout quand vous vous retrouvez fatigués, à des milliers de kilomètres de chez vous dans un endroit inconnu à échanger des noms d’oiseaux avec votre partenaire de voyage parce que l’un a réservé un vol pour Portland Oregon et l’autre un hôtel pour Portland Maine (ce qui explique pourquoi cet hôtel était vraiment pas cher). Ou parce que vous vous rejetez mutuellement la responsabilité de la visite de ce Believe it or not, qui, il faut bien l’avouer, ne valait ces deux heures de visite et les 14$ d’entrée par personne.

Je vais donc ici faire ma Hailey Baldin Bieber avec vous et faire preuve d’honnêteté. Parce qu’un voyage ce ne sont pas seulement les photos retouchées qu’on poste sur les réseaux sociaux. Et aussi parce que c’est plus drôle comme ça et aussi parce que, en étant vraiment optimiste, on peut presque toujours tirer un bon plan de ces expériences malheureuses.

*Le tour de Taroko en bus:

Voici la photo Instagram que j’ai prise lors de ma visite des gorges de Taroko.

Le parc national de Taroko est sans doute le site naturel le plus réputé de Taiwan, avec le Sun Moon Lake. C’est là que vous pouvez admirer les falaises de marbre, emprunter le chemin des hirondelles et autres ponts suspendus qui mènent à des temples bouddhistes. C’est un paradis de la randonnée qui se visite à pieds, en vélo, en moto ou en voiture. Il est possible de dormir pas trop loin et de profiter de plusieurs jours sur place. Ce que j’aurai du faire. Mais en préparant mon itinéraire, j’ai fait des choix et les «4 jours à Taroko» se sont transformés en une excursion d’une journée avec un site bien connu de voyage et d’avis. Sur le papier, ils proposaient la prise en charge depuis l’hôtel à 5h30 du matin, le trajet en train jusqu’à Hualien puis une visite des gorges avec des parties en bus et d’autres parties à pied. Le programme proposait même une escale sur la côte est pour contempler la mer.

C’était ma première expérience de tourisme de groupe. J’ai très mal vécu la cadence imposée par la guide: pas plus de 30 minutes sur le sentier des hirondelles, une vingtaine de minutes pour aller au pavillon de l’orchidée et pas le temps pour approcher l’Eternal Spring Shrine. À chaque escale, là où j’aurais voulu marcher, observer, et prendre mon temps, la guide nous pressait comme une maîtresse d’école. Le pire étant cette halte de 6 minutes au bord à la plage de Qixingtan durant laquelle elle nous a poursuivis en tapant des mains pour nous faire rentrer dans le bus tel un troupeau égaré. A moins que cela ne soit la visite de cette boutique d’objets en jade qui elle a duré plus d’une heure et que je ne pensais pas inscrite au programme.

The bright side of life: J’ai eu le droit à une visite expresse des grottes de Taroko. Sur le bingo du touriste, je suis gagnante: je peux mettre une photo de moi devant chacun des sites renommés. Niveau expérience humaine, j’ai réussi à prendre sur moi et à n’insulter personne. Et ça demande vraiment beaucoup d’énergie quand on s’est levé à 5heures du matin.

L’alternative:Pour le prix, vous pouvez largement louer un chauffeur personnel ou un taxi depuis la gare de Hualien. Et vous ferez des économies. Je suis même sûre que pour le prix, vous pouvez passer 2 jours sur place et utiliser la navette du parc ou un véhicule avec chauffeur.

**La chambre sans fenêtre à Kaohsiung:

Ça c’est la photo pour Instagram. Une piscine sur le toit avec une jolie terrasse verdoyante. On se dit tout de suite que l’hôtel a l’air hyper classe et que j’ai dû dénicher un bon plan de malade pour pouvoir m’y payer une chambre.

Le bon plan a pris la forme d’une chambre sans fenêtre. J’ai découvert que ça existait lors des réservations pour ce voyage. Et c’est assez vite devenu mon obsession, ne pas réserver une chambre aveugle. J’avais très peur du sentiment d’enfermement. Et évidemment, loi de l’attraction oblige, j’ai réservé la dite chambre. La bonne nouvelle, c’est que l’impression d’être dans un épisode de Oz n’est pas si présente que je l’aurai imaginé. La chambre était bien pensée avec des lampes et des rideaux disposés habillement, pour faire comme si il faisait jour dehors mais que l’on avait choisi de fermer les volets. La lumière était modulée en fonction du moment de la journée pour garder un semblant de rythme. Et puis on se dit que cette chambre, on va essentiellement y dormir, que quand il fera jour on sera dehors.

Le vrai inconvénient? L’odeur. Pas de fenêtre veut aussi dire pas d’aération. Et malgré toute sa bonne volonté, la VMC, ne peut pas remplacer une bonne vieille fenêtre. En arrivant dans la chambre, ça sentait un peu bizarre. Un mélange d’humidité et de renfermé. L’odeur n’a fait qu’empirer au fil des jours. D’autant plus que l’hôtel était à Kaohsiung, au bord de la mer et qu’entre les maillots de bain et les draps de plage, on avait pas mal de trucs à faire sécher. La veille de notre départ, le quatrième jour, on avait l’impression de vivre dans le vestiaire d’un club de sport. Ou plutôt dans la chaussette oubliée dans un casier dans un vestiaire de club de sport. Et ça, ce n’était vraiment pas du tout instagramable.

The bright side of life: Si vous n’avez pas d’odorat ou que vous avez envie de réveiller votre mémoire olfactive avec une odeur digne de la chambre de vos potes de collège, la chambre sans fenêtre vous permettra de séjourner dans des hôtels offrant de belles prestations et bien situés à des prix intéressants.

La parade : une bougie parfumée.

***De l’importance de bien comprendre le décalage horaire.

S’il y a un truc qui ne m’a jamais intéressée à l’école c’était les problèmes de maths du style le train pour Évreux part à 10h40 et roule à 45km, à quel moment croisera-t-il le Paris Brest qui lui est parti à 08h54 et roule à 210km/h. (Pas la peine de compter, sans doute jamais ou alors dans une réalité parallèle). Je me contentais de répondre au hasard ou de copier sur mon voisin si lui-même n’avait pas eu la flemme de faire l’exercice. Alors autant vous dire que je fais une confiance aveugle aux compagnies aériennes pour me dire à quelle heure locale je vais arriver après un vol de 12heures. Et je ne cherche pas plus loin. Sauf que si l’avion arrive à l’aéroport de Taipei à 5h40 et que la chambre est disponible à 16heures, combien d’heures faudra-t-il patienter avant de prendre une douche? Et combien de minutes faudra-t-il occuper jusque-là, en sachant que les formalités douanières et le trajet jusqu’au centre-ville sont plutôt rapides? La réponse est beaucoup trop, si comme moi, vous avez du mal à être opérationnel après avoir passé 30 heures sans dormir dans un lit. Ou pire, si comme mon fidèle compagnon de voyage vous êtes incapables de dormir dans un avion.

Arrivée à Taïwan, allégorie.

The bright side of life : Si vous arrivez à dormir dans l’avion, vous pouvez sans soucis déposer vos bagages à l’hôtel et profiter dès votre arrivée d’une pleine journée sur place. Vous économisez ainsi une nuit d’hôtel.

La parade: Certains hôtels proposent un early check-in moyennant un supplément. Vous pouvez aussi envisager de louer une chambre pour quelques heures dans un hôtel capsule, histoire de faire une sieste et prendre une douche.

****La plage debout

Déjà cette baignade s’annonçait mal. On avait eu du mal à trouver la plage qui était pourtant indiquée sur le guide, Google maps et même par des panneaux dans la rue. C’est en essayant de traverser le parking de leur hôtel que des touristes américains nous ont renseignés et indiqué la plage. En arrivant sur les lieux, pas de doute, c’est bien une plage avec la mer, du sable et des gens. Personne n’est en maillot et encore moins dans l’eau mais ça ne m’étonne pas plus que ça. En Asie, les gens se baignent assez peu dans l’océan. Mais ce n’est pas mon cas. J’ai enfilé mon maillot depuis le matin et je compte bien ajouter un nouveau lieu de baignade à mon palmarès. Mais là, surprise, un peu partout sur la plage, il y a des pancartes qui expliquent, dessin à l’appui, qu’on peut être debout dans l’eau mais pas nager ou être allongé! Grand moment de solitude. J’ai très envie de me baigner mais je ne suis pas sûre de comprendre le panneau. Heureusement, un touriste allemand plus débrouillard que nous (et accompagnée d’une Taiwanaise qui elle a dû comprendre le sens de l’interdiction) part se baigner. J’y vais donc à mon tour. Jusqu’aux épaules. L’eau est bonne et même si il y a un peu de courant et de vagues, c’est super frustrant de ne pas pouvoir nager. Je reste debout dans l’eau à sauter dans les vagues et à m’interroger sur le concept jusqu’à ce que le soleil se couche et que l’eau devienne trop froide. Au loin, je regarde presque avec envie les clients de l’hôtel qui eux peuvent se baigner dans une piscine. En entier.

The bright side of life : Vous pouvez aussi profiter de la plage comme les Taiwanais et beaucoup de leurs voisins: faire des photos en robe de mariée et en costard, faire des photos habillé en surfer avec une planche mais sans toucher l’eau… Ou alors vous pouvez profiter de la plage en les regardant utiliser cet endroit pour tout sauf ce que vous étiez venus faire. Le tout en vous interrogeant sur l’intérêt d’aller au bord de la mer dans une robe avec une traîne de 15 mètres, un jour qui n’est même pas celui de cotre mariage.

Le marié faisait trois têtes de plus que sa fiancée. Le photographe leur a fait prendre plein de poses bizarres pour qu’ils soient à la même hauteur.

La parade : le meilleur endroit pour se baigner à Kaohsiung est sans doute Qijin. La plage est surveillée et la mer moins agitée.

***** La piscine de l’hôtel et les tatouages à Okinawa.

Il y a vraiment beaucoup d’histoires aquatiques dans ce billet. Vous allez penser que je passe mes vacances en maillot de bain à la recherche d’un endroit où faire trempette. Et vous n’avez pas totalement tort.

Lorsque je suis allée au Japon, je savais que mes tatouages allaient m’exclure d’un certain nombre de pratiques et notamment des Onsens, ces bains chauds traditionnels. Lorsque j’ai réservé notre hôtel à Okinawa, j’ai vu que certains proposaient une piscine et aussi des bains chauds proches du principe des Onsens pour la clientèle. J’ai voulu tenter le coup en me disant qu’en tant que cliente de l’hôtel, les tatouages seraient mieux acceptés. L’hôtel étant un lieu privé, fréquenté par des étrangers dans une île accueillant également une importante population militaire américaine, j’imaginais que l’adage tatouage = mafia ne s’appliquerait pas.

Grossière erreur. J’ai compris mon excès d’optimisme quant à la tolérance du lieu lorsque j’ai débarqué en maillot et avec ma serviette devant une pancarte qui énonçait les consignes d’accès à la piscine. Au milieu des prenez votre douche avant, portez un maillot de bain et autre on ne court pas au bord du bassin, le dessin d’un mini tatouage tribal barré. Un peu comme le No Dolphins que certains artistes apposent sur la porte de leur studio. Et au cas où je n’aurais pas compris que je n’étais pas la bienvenue (ce que je m’apprêtais à faire, sur un malentendu ça peut toujours marcher) il fallait passer devant un monsieur dont le boulot était de distribuer les serviettes et aussi de vérifier que les consignes étaient bien respectées. Même si je ne parle pas japonais, j’ai tout de suite compris à la tête qu’il a fait en nous voyant que pour nous ça n’allait pas être possible. Pas de serviettes, pas de baignade.

The bright side of life : Être étranger et avoir des tatouages au Japon permet de discuter avec les gens. Les enfants notamment sont plutôt curieux et vous demandent poliment s’ils peuvent regarder ou toucher. C’est un bon moyen de briser la glace et de rentrer en contact les Japonais.

La parade : Pourquoi aller à la piscine quand on peut aller à la plage? L’archipel d’Okinawa recèle d’endroits paradisiaques déserts où j’ai pu barboter. Pour les Onsens, certains espaces privatifs acceptent les étrangers tatoués. Sinon vous pouvez aller en Corée, là-bas, ils s’en fichent complètement!

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5 trucs que j’ai appris en participant à une print party chez Mokuhankan à Tokyo

En ce moment, à Paris, la fondation Custodia propose l’exposition Vagues de renouveau: estampes Japonaise de 1900 à 1960. L’occasion de découvrir le superbe travail d’artistes comme Kasamatsu Shiro ou Tsuruta Goro. Mais aussi de partager 5 trucs que j’ai appris en imprimant moi-même une estampe.

 En effet, j’ai profité de mon voyage à Tokyo pour participer à une Print Party chez Mokuhankan Wood Prints, un atelier boutique dans le quartier d’Asakusa. Pendant cette print party, vous pourrez imprimer une estampe d’après les plaques de bois déjà gravées par l’équipe. Chaque print party accueille entre 4 et 6 personnes.

 Voici donc 5 trucs, plus ou moins essentiels à ma culture générale et à ma survie quotidienne que j’ai appris ce jour là.

 1.Avec un peu d’entraînement, je pourrais devenir la nouvelle Hokusai.

 Grâce aux explications du staff (en anglais), on apprend à mélanger les pigments avec la colle de riz puis à encrer et enfin à imprimer en utilisant le barel. Il faut répéter l’opération autant de fois qu’il y a de couleurs. Ça a l’air hyper simple comme ça mais en vrai, cela demande un peu de dextérité et de concentration. Du coupon se prend au jeu et on a vraiment l’impression d’apprendre un truc. J’étais plutôt fière de moi à la fin, malgré quelques couleurs un peu décalées et tâches de peinture sur les doigts.

2. En 2018, l’estampe, ça se passe (aussi) sur Twitch

David BULL, le propriétaire de Mokuhankan Wood Prints est Canadien. Il s’est installé à Tokyo par passion et a envie d’intéresser, à nouveau, les Japonais et les touristes à l’estampe. Pour ça, il a ouvert différents comptes sur les réseaux sociaux, y compris sur Twitch. Oui, sur Twitch, le truc où on peut regarder des gens jouer à des jeux vidéo pendant des heures. Lui il se filme en train de graver ses plaques à plusieurs moments de la journée. Il en profite pour discuter avec les gens et expliquer son boulot. Et sa chaîne fonctionne plutôt bien. A ce qu’il paraît, c’est très relaxant et on devient vite accro. (Il a aussi une chaine Youtube, mais ça sonne moins cool)

3. Le quartier d’Asakusa n’a pas changé depuis le 19ème siècle, ou si peu.

Mokuhankan Wood Prints se trouve dans le quartier d’Asakusa à Tokyo. Connu pour son temple à la très grosse lanterne, le quartier semble avoir gardé les mêmes activités que quand Hokusai y est décédé au19ème siècle. On y trouve des vendeurs d’artisanat plus ou moins chers (et aussi de gadgets) autour du temple, des marchands de papier et d’estampes, des restaurants… Il y existe aussi toujours des maisons de geishas, très discrètes. Il paraît qu’elles sont plutôt élitistes et ne laissent entrer que les personnes voulant nouer une relation profonde avec les geishas.

Kasamatsu Shirō, La grande lanterne du Kannondō, Asakusa, 1934

4. Les Japonais sont obsédés par les pêches

Bien avant que l’emoji pêche ne débarque, les Japonais l’utilisaient déjà à toutes les sauces. J’étais en plein questionnement existentiel sur ce truc qui ressemble à une pêche quand, à la print party, on m’a proposé d’imprimer un dessin illustrant l’histoire de Momotaro (momo veut dire pêche). Donc Momotaro est un petit garçon né dans une pêche.En gros, à 15 ans, il quitte sa famille pour combattre des démons qui tyrannisaient une île à des kilomètres de chez lui. En chemin,il a fait la connaissance d’un chien, d’un singe et d’un faisan qui se joignent à lui pour l’aider à remplir sa mission. Je vous la fait courte mais évidemment, ils y arrivent et deviennent des héros.

Cette histoire est apparemment très populaire au Japon. Ils en ont fait des films, des chansons et il y aurait même un festival dédié.Encore une bonne occasion de dessiner des fesses sans en avoir l’air si vous voulez mon avis.

Momotaro par Utagawa Kuniyoshi (1855)

5. L’art peu être abordable

La print party se termine par une visite de la boutique. Vous pouvez aussi juste visiter la boutique sans participer à la print party. Cequi est appréciable, c’est qu’on ne se sent pas obligé d’acheter. Le staff qui a animé la print party gère aussi la boutique mais ne fait pas l’article. Par contre, pour peu que vous ayez envie de ramener un souvenir, la sélection est très large et de belle qualité. On trouve à la fois des thèmes traditionnels de l’estampe (paysage,oiseaux fleurs) mais aussi des compositions plus modernes, y compris des super-héros. Il y différentes gamme de prix et c’est sans doute le truc le moins encombrant que vous pourrez ramener de votre voyage.

Utagawa Hiroshige: Le marché aux poissons d’Osaka

Infos pratiques:

Vous pouvez réserver votre place pour la print party via le site de Mokuhankan. Comptez environ 15euros pour la première personne, 12pour la suivante. L’activité en elle-même dure 1heure. Quand j’y ai participé, j’ai passé un peu plus de 2 heures sur place. David BULL était présent et nous a fait visiter son atelier. On a aussi pu échanger assez longuement avec lui sur sa pratique et l’estampe en général.

La print party se déroule en anglais. C’est mieux de comprendre un peu pour les explications mais au final, c’est assez intuitif et même si vous pensez avoir un niveau pas terrible, la compréhension ne devrait pas poser de problème.

Vous pouvez aussi suivre leurs activités sur Instagram, Youtube et Twitch.

Tant que vous êtes dans le quartier, profitez-en pour visiter le Amuse Muséum. Les expositions sont intéressantes, la vue depuis le toit très chouette et la boutique regorge de trésors. Et si après tout ça vous n’en avez toujours pas marre de l’estampe, il vous reste à visiter le Musée Ota, le musée «officiel» de l’estampe à Tokyo.

Et si vous avez du temps dont ne vous savez pas quoi faire, vous pouvez aller regarder des versions GIF animés d’estampes célèbres sur ce site.

10 bonnes raisons d’aller voir des un tournoi de Sumo à Tokyo

En ce moment a lieu le tournoi de Sumo de Fukuoka, le Kyushu Basho.  Au Japon, il y a 6 tournois de sumo dans l’année (les mois impairs) et un sur deux a lieu à Tokyo au Kokugikan Sumo Hall. Le Jacques Chirac en moi avait très envie d’y assister. Alors lorsque j’ai planifié mon voyage au Japon, je me suis débrouillée pouvoir assister à un tournoi. J’ai adoré cette expérience, qui reste un de mes meilleurs souvenirs du séjour. Au delà de l’aspect divertissant, c’est l’occasion de rencontrer des Japonais et de participer, très humblement, à une tradition séculaire. Et pas besoin d’être un fin connaisseur pour apprécier. Si vous en doutez, voilà 10 bonnes raisons de tenter l’expérience:

estampe

1. Parce que les rikishis (nom japonais des lutteurs) sont plus forts que Tom Brady, le quaterback superstar et mari de Gisèle Bündchen.

2. Parce que la boutique du Kokugikan Sumo Hall, propose tout ce que vous pouvez imaginer et même plus sur le sujet: livres, stylos, t-shirts, cartes postales mais aussi peluches et boules à neige.

3 Parce que sur une journée, vous pouvez voir toutes les catégories, des juniors à la Makuushi, la division des Yokozunas (les plus grands champions). Un peu comme si avant de voir un match de L1 vous commenciez par l’équipe des poussins pour enchaîner ensuite sur la division d’honneur et ainsi de suite

4 Parce que dans les rediffusions de l’équipe TV, on ne se rend pas bien compte du bruit que ça fait, deux types de 200 kilos qui se mettent des baffes.

 

5 Pour écouter le tambour accompagner la sortie des visiteurs. Même sous une pluie battante, c’est magique

6 Parce qu’un athlète de haut-niveau c’est pas seulement quelqu’un avec un corps tout en muscle.

7 Parce qu’on n’est plus au 18ème siècle et qu’il n’est plus possible d’aller voir du sumo féminin dans un bordel. Du coup il faut bien se rabattre sur les hommes. sumo-hist-art1

8. Parce que le rikkishi qui perd au bout de 45 secondes (voir moins) après des années d’entrainement mérite vos applaudissements

9. Parce que les supporters japonais ont préparé des chansons et des banderoles pour encourager leur chouchou.

10. Parce qu’avec un peu de chance, un Yokozuna se fera battre par un lutteur de niveau inférieur et on pourra lancer nos coussins sur le dojo.

 

 

Infos pratiques :

Il y a 6 tournois dans l’année (pendant les mois impairs) dans différentes villes : Tokyo, Osaka, Nagoya et Fukuoka. Chaque tournoi dure 15 jours.

Pour acheter des places, rendez-vous sur le site officiel . Les derniers jours des tournois, les week-ends et le tournoi de Tokyo sont très demandés. Vous aurez plus de chance en choisissant le début d’un tournoi, pendant la semaine. Sinon Trip Advisor propose des excursions à Tokyo, pour assister aux deux dernières divisions et visiter le musée. Ne réussissant pas à avoir des places, on est passé par eux. On a pu bénéficier de la visite du musée et de l’expertise de notre guide, qui était une fervente supportrice de Endo.

A Tokyo, il est possible de (bien) manger sur place. N’hésitez pas à vous promenez dans le quartier, vous croiserez sûrement des rikishis qui accepterons selfies et autographes.

Pour se renseigner, en France :

Le Paris Sumo Club

L’incontournable site dosukoi

Le livre de Kazumi Yoshinaga, Mémoire d’un lutteur de sumo raconte l’envers du décor d’une façon très abordable. C’est aussi un récit inspirant sur comment atteindre ses objectifs!

Nos Souvenirs, le survival des suicidaires

A l’époque où il tournait la Défense Lincoln, Matthew McConaughey avait, il me semble, déclaré ne plus vouloir tourner de films au nord du Mississippi. Installé avec femme et enfants à Austin, au Texas, il ne souhaitait plus s’aventurer trop loin de chez lui. Il s’est plutôt bien tenu à ce principe et on peut dire que cela lui a plutôt réussi. Sa carrière est passée de la comédie romantique plus ou moins heureuse aux films indépendants exigeants. Ce qui lui a sans doute permis d’avoir un Oscar.

Quand j’ai vu qu’il s’aventurait très loin de chez lui, au Japon, pour un film, j’étais plus que curieuse de voir ça. Je me suis donc enfermée, par un beau jour férié ensoleillé dans une salle de cinéma pour découvrir Nos Souvenirs, de Gus Van Sant et ce qui avait poussé Matthex McConaughey à déroger à sa règle.

Dans Nos Souvenirs, Matthew McConaughey incarne Arthur, un Américian qui se rend au Japon, dans la forêt d’Aokigahara, pour se suicider. Alors qu’il voit sa vie défiler devant ses yeux, il rencontre Takumi Nakamura, venu aussi pour mettre fin à ses jours mais qui a changé d’avis et veut rentrer chez lui. Arthur entreprend d’aider Takumi à sortir de la forêt.

Gus Van Sant a toujours été pour moi un réalisateur caméléon, capable de maîtriser aussi bien le mélo hollywoodien (Will Hunting) que la satire sociale (Prête à tout) et le teen-movie indé (Paranoid Park) sans oublier le film presque expérimental (Gerry). Et même si je ne suis pas sensible à tout, je crois qu’il y a assez peu de ratés.

Premier constat et, pour moi, première déception, Nos Souvenirs s’inscrit dans cette veine des films de survie. On a eu le survival dans l’espace, le survival dans la neige, le survival dans le désert et là, on a le survival dans la forêt. Certes, celui-ci est moins formel que d’autres mais on assiste quand même à des scènes où les acteurs malmenés cherchent de l’eau/un abri/ des vêtements/ une issue. Je dois dire que je ne suis pas fan de ce genre à la base et que je commence vraiment à être lassée de le voir s’immiscer dans de nombreux films. Je me demande ce que les historiens du cinéma penseront à l’avenir de cette vague de films de survie. On risque de passer pour une bande de paranos narcissiques obsédée par la fin du monde et la survie de son espèce…

Dans Nos Souvenirs, l’originalité vient du fait que les personnes qui cherchent à survivre sont celles qui, au début, voulaient mourir. Malheureusement, cette particularité fait perdre tout enjeu à leur quête. Je n’ai pas été vraiment prise par cet aspect du film et ai été beaucoup plus séduite par l’autre intrigue, celle des souvenirs d’Arthur et sa femme (Naomi Watts).

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Car la véritable histoire du film est bien là: celle d’Arthur et de sa femme, couple marié qui connaît des hauts et des bas et dont on comprend qu’elle est la raison qui mène Arthur au Japon pour mourir. Gus Van Sant nous offre ici des scènes réalistes, originales et touchantes plutôt réussies. Elles permettent de créer de l’empathie autour du personnage d’Arthur et de l’intérêt pour ses motivations.

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Vous l’avez compris, je sors de ce film plus que mitigée. Si la réalisation est très belle et les acteurs bons, le film en lui même n’a rien d’exceptionnel. La fin m’est apparue beaucoup trop explicative et lourde. Elle invalide presque toutes les séquences réussies du film en laissant une impression de pesanteur et de «je t’explique tout au cas où tu n’aurais rien compris à mon génial twist de réalisateur à la fin». Désagréable mais pas non plus de quoi huer le film lors de sa projection à Cannes l’année dernière.

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Quant à Matthew McConaughey, à part la perspective de tourner avec Gus Van Sant et de visiter le Japon, je ne vois pas ce qui a pu le pousser à s’aventurer si loin de chez lui. Et puis j’ai regardé une carte. En fait, le Japon n’est pas très au Nord du Mississippi si on regarde attentivement. L’entorse à la règle était donc mineure!