Always look on the bright side of life: 5 fails à transformer en bon plan en voyage.

Comme ça vous l’avez dans la tête aussi. De rien.

Always look on the bright side of life chantaient les Monty Pythons. Plus facile à dire qu’à faire. Surtout quand vous vous retrouvez fatigués, à des milliers de kilomètres de chez vous dans un endroit inconnu à échanger des noms d’oiseaux avec votre partenaire de voyage parce que l’un a réservé un vol pour Portland Oregon et l’autre un hôtel pour Portland Maine (ce qui explique pourquoi cet hôtel était vraiment pas cher). Ou parce que vous vous rejetez mutuellement la responsabilité de la visite de ce Believe it or not, qui, il faut bien l’avouer, ne valait ces deux heures de visite et les 14$ d’entrée par personne.

Je vais donc ici faire ma Hailey Baldin Bieber avec vous et faire preuve d’honnêteté. Parce qu’un voyage ce ne sont pas seulement les photos retouchées qu’on poste sur les réseaux sociaux. Et aussi parce que c’est plus drôle comme ça et aussi parce que, en étant vraiment optimiste, on peut presque toujours tirer un bon plan de ces expériences malheureuses.

*Le tour de Taroko en bus:

Voici la photo Instagram que j’ai prise lors de ma visite des gorges de Taroko.

Le parc national de Taroko est sans doute le site naturel le plus réputé de Taiwan, avec le Sun Moon Lake. C’est là que vous pouvez admirer les falaises de marbre, emprunter le chemin des hirondelles et autres ponts suspendus qui mènent à des temples bouddhistes. C’est un paradis de la randonnée qui se visite à pieds, en vélo, en moto ou en voiture. Il est possible de dormir pas trop loin et de profiter de plusieurs jours sur place. Ce que j’aurai du faire. Mais en préparant mon itinéraire, j’ai fait des choix et les «4 jours à Taroko» se sont transformés en une excursion d’une journée avec un site bien connu de voyage et d’avis. Sur le papier, ils proposaient la prise en charge depuis l’hôtel à 5h30 du matin, le trajet en train jusqu’à Hualien puis une visite des gorges avec des parties en bus et d’autres parties à pied. Le programme proposait même une escale sur la côte est pour contempler la mer.

C’était ma première expérience de tourisme de groupe. J’ai très mal vécu la cadence imposée par la guide: pas plus de 30 minutes sur le sentier des hirondelles, une vingtaine de minutes pour aller au pavillon de l’orchidée et pas le temps pour approcher l’Eternal Spring Shrine. À chaque escale, là où j’aurais voulu marcher, observer, et prendre mon temps, la guide nous pressait comme une maîtresse d’école. Le pire étant cette halte de 6 minutes au bord à la plage de Qixingtan durant laquelle elle nous a poursuivis en tapant des mains pour nous faire rentrer dans le bus tel un troupeau égaré. A moins que cela ne soit la visite de cette boutique d’objets en jade qui elle a duré plus d’une heure et que je ne pensais pas inscrite au programme.

The bright side of life: J’ai eu le droit à une visite expresse des grottes de Taroko. Sur le bingo du touriste, je suis gagnante: je peux mettre une photo de moi devant chacun des sites renommés. Niveau expérience humaine, j’ai réussi à prendre sur moi et à n’insulter personne. Et ça demande vraiment beaucoup d’énergie quand on s’est levé à 5heures du matin.

L’alternative:Pour le prix, vous pouvez largement louer un chauffeur personnel ou un taxi depuis la gare de Hualien. Et vous ferez des économies. Je suis même sûre que pour le prix, vous pouvez passer 2 jours sur place et utiliser la navette du parc ou un véhicule avec chauffeur.

**La chambre sans fenêtre à Kaohsiung:

Ça c’est la photo pour Instagram. Une piscine sur le toit avec une jolie terrasse verdoyante. On se dit tout de suite que l’hôtel a l’air hyper classe et que j’ai dû dénicher un bon plan de malade pour pouvoir m’y payer une chambre.

Le bon plan a pris la forme d’une chambre sans fenêtre. J’ai découvert que ça existait lors des réservations pour ce voyage. Et c’est assez vite devenu mon obsession, ne pas réserver une chambre aveugle. J’avais très peur du sentiment d’enfermement. Et évidemment, loi de l’attraction oblige, j’ai réservé la dite chambre. La bonne nouvelle, c’est que l’impression d’être dans un épisode de Oz n’est pas si présente que je l’aurai imaginé. La chambre était bien pensée avec des lampes et des rideaux disposés habillement, pour faire comme si il faisait jour dehors mais que l’on avait choisi de fermer les volets. La lumière était modulée en fonction du moment de la journée pour garder un semblant de rythme. Et puis on se dit que cette chambre, on va essentiellement y dormir, que quand il fera jour on sera dehors.

Le vrai inconvénient? L’odeur. Pas de fenêtre veut aussi dire pas d’aération. Et malgré toute sa bonne volonté, la VMC, ne peut pas remplacer une bonne vieille fenêtre. En arrivant dans la chambre, ça sentait un peu bizarre. Un mélange d’humidité et de renfermé. L’odeur n’a fait qu’empirer au fil des jours. D’autant plus que l’hôtel était à Kaohsiung, au bord de la mer et qu’entre les maillots de bain et les draps de plage, on avait pas mal de trucs à faire sécher. La veille de notre départ, le quatrième jour, on avait l’impression de vivre dans le vestiaire d’un club de sport. Ou plutôt dans la chaussette oubliée dans un casier dans un vestiaire de club de sport. Et ça, ce n’était vraiment pas du tout instagramable.

The bright side of life: Si vous n’avez pas d’odorat ou que vous avez envie de réveiller votre mémoire olfactive avec une odeur digne de la chambre de vos potes de collège, la chambre sans fenêtre vous permettra de séjourner dans des hôtels offrant de belles prestations et bien situés à des prix intéressants.

La parade : une bougie parfumée.

***De l’importance de bien comprendre le décalage horaire.

S’il y a un truc qui ne m’a jamais intéressée à l’école c’était les problèmes de maths du style le train pour Évreux part à 10h40 et roule à 45km, à quel moment croisera-t-il le Paris Brest qui lui est parti à 08h54 et roule à 210km/h. (Pas la peine de compter, sans doute jamais ou alors dans une réalité parallèle). Je me contentais de répondre au hasard ou de copier sur mon voisin si lui-même n’avait pas eu la flemme de faire l’exercice. Alors autant vous dire que je fais une confiance aveugle aux compagnies aériennes pour me dire à quelle heure locale je vais arriver après un vol de 12heures. Et je ne cherche pas plus loin. Sauf que si l’avion arrive à l’aéroport de Taipei à 5h40 et que la chambre est disponible à 16heures, combien d’heures faudra-t-il patienter avant de prendre une douche? Et combien de minutes faudra-t-il occuper jusque-là, en sachant que les formalités douanières et le trajet jusqu’au centre-ville sont plutôt rapides? La réponse est beaucoup trop, si comme moi, vous avez du mal à être opérationnel après avoir passé 30 heures sans dormir dans un lit. Ou pire, si comme mon fidèle compagnon de voyage vous êtes incapables de dormir dans un avion.

Arrivée à Taïwan, allégorie.

The bright side of life : Si vous arrivez à dormir dans l’avion, vous pouvez sans soucis déposer vos bagages à l’hôtel et profiter dès votre arrivée d’une pleine journée sur place. Vous économisez ainsi une nuit d’hôtel.

La parade: Certains hôtels proposent un early check-in moyennant un supplément. Vous pouvez aussi envisager de louer une chambre pour quelques heures dans un hôtel capsule, histoire de faire une sieste et prendre une douche.

****La plage debout

Déjà cette baignade s’annonçait mal. On avait eu du mal à trouver la plage qui était pourtant indiquée sur le guide, Google maps et même par des panneaux dans la rue. C’est en essayant de traverser le parking de leur hôtel que des touristes américains nous ont renseignés et indiqué la plage. En arrivant sur les lieux, pas de doute, c’est bien une plage avec la mer, du sable et des gens. Personne n’est en maillot et encore moins dans l’eau mais ça ne m’étonne pas plus que ça. En Asie, les gens se baignent assez peu dans l’océan. Mais ce n’est pas mon cas. J’ai enfilé mon maillot depuis le matin et je compte bien ajouter un nouveau lieu de baignade à mon palmarès. Mais là, surprise, un peu partout sur la plage, il y a des pancartes qui expliquent, dessin à l’appui, qu’on peut être debout dans l’eau mais pas nager ou être allongé! Grand moment de solitude. J’ai très envie de me baigner mais je ne suis pas sûre de comprendre le panneau. Heureusement, un touriste allemand plus débrouillard que nous (et accompagnée d’une Taiwanaise qui elle a dû comprendre le sens de l’interdiction) part se baigner. J’y vais donc à mon tour. Jusqu’aux épaules. L’eau est bonne et même si il y a un peu de courant et de vagues, c’est super frustrant de ne pas pouvoir nager. Je reste debout dans l’eau à sauter dans les vagues et à m’interroger sur le concept jusqu’à ce que le soleil se couche et que l’eau devienne trop froide. Au loin, je regarde presque avec envie les clients de l’hôtel qui eux peuvent se baigner dans une piscine. En entier.

The bright side of life : Vous pouvez aussi profiter de la plage comme les Taiwanais et beaucoup de leurs voisins: faire des photos en robe de mariée et en costard, faire des photos habillé en surfer avec une planche mais sans toucher l’eau… Ou alors vous pouvez profiter de la plage en les regardant utiliser cet endroit pour tout sauf ce que vous étiez venus faire. Le tout en vous interrogeant sur l’intérêt d’aller au bord de la mer dans une robe avec une traîne de 15 mètres, un jour qui n’est même pas celui de cotre mariage.

Le marié faisait trois têtes de plus que sa fiancée. Le photographe leur a fait prendre plein de poses bizarres pour qu’ils soient à la même hauteur.

La parade : le meilleur endroit pour se baigner à Kaohsiung est sans doute Qijin. La plage est surveillée et la mer moins agitée.

***** La piscine de l’hôtel et les tatouages à Okinawa.

Il y a vraiment beaucoup d’histoires aquatiques dans ce billet. Vous allez penser que je passe mes vacances en maillot de bain à la recherche d’un endroit où faire trempette. Et vous n’avez pas totalement tort.

Lorsque je suis allée au Japon, je savais que mes tatouages allaient m’exclure d’un certain nombre de pratiques et notamment des Onsens, ces bains chauds traditionnels. Lorsque j’ai réservé notre hôtel à Okinawa, j’ai vu que certains proposaient une piscine et aussi des bains chauds proches du principe des Onsens pour la clientèle. J’ai voulu tenter le coup en me disant qu’en tant que cliente de l’hôtel, les tatouages seraient mieux acceptés. L’hôtel étant un lieu privé, fréquenté par des étrangers dans une île accueillant également une importante population militaire américaine, j’imaginais que l’adage tatouage = mafia ne s’appliquerait pas.

Grossière erreur. J’ai compris mon excès d’optimisme quant à la tolérance du lieu lorsque j’ai débarqué en maillot et avec ma serviette devant une pancarte qui énonçait les consignes d’accès à la piscine. Au milieu des prenez votre douche avant, portez un maillot de bain et autre on ne court pas au bord du bassin, le dessin d’un mini tatouage tribal barré. Un peu comme le No Dolphins que certains artistes apposent sur la porte de leur studio. Et au cas où je n’aurais pas compris que je n’étais pas la bienvenue (ce que je m’apprêtais à faire, sur un malentendu ça peut toujours marcher) il fallait passer devant un monsieur dont le boulot était de distribuer les serviettes et aussi de vérifier que les consignes étaient bien respectées. Même si je ne parle pas japonais, j’ai tout de suite compris à la tête qu’il a fait en nous voyant que pour nous ça n’allait pas être possible. Pas de serviettes, pas de baignade.

The bright side of life : Être étranger et avoir des tatouages au Japon permet de discuter avec les gens. Les enfants notamment sont plutôt curieux et vous demandent poliment s’ils peuvent regarder ou toucher. C’est un bon moyen de briser la glace et de rentrer en contact les Japonais.

La parade : Pourquoi aller à la piscine quand on peut aller à la plage? L’archipel d’Okinawa recèle d’endroits paradisiaques déserts où j’ai pu barboter. Pour les Onsens, certains espaces privatifs acceptent les étrangers tatoués. Sinon vous pouvez aller en Corée, là-bas, ils s’en fichent complètement!

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Visiter Taïwan sur terre, sur l’eau et dans les airs.

Dans sa Big Adventure, Pee-wee Herman utilise de nombreux moyens de transports. Si, contrairement à lui, je ne cherchais rien de particulier lors de mon voyage à Taïwan, je l’ai un peu imité: sur terre, sur l’eau et même dans les airs, je crois que j’ai testé beaucoup de choses.

Voici donc 5 moyens de transport plus ou moins insolites que j’ai emprunté lors de mon road trip taïwanais.

*L’ascenseur de Taipei 101

La tour de Taipei 101 (prononcer One O One) est l’élément architectural le plus emblématique de la capitale. Pour monter au sommet et apprécier la vue sur la ville, il vous faut emprunter l’ascenseur qui vous emmènera jusqu’au 89 étage en 37 secondes. Si on était en 2016 ce serait un voyage dans l’ascenseur le plus rapide d’Asie et même du monde. Mais depuis, il a été détrôné par celui de la tour de Shanghai, en Chine. Peu importe, il reste une attraction incontournable. Alors profitez de ce (court) instant pour faire un voyage dans le temps et vous rajeunir de quelques années. C’est simple, il suffit de prétendre que la France n’a pas encore été championne du monde pour la deuxième fois et que Brad Pitt et Angelina Jolie sont toujours mariés. Vous pourrez alors vous croire dans l’ascenseur le plus rapide du monde.

Taipei 101 depuis la montagne de l’éléphant

Une fois au sommet, vous pourrez admirer le panorama depuis le 89 étage et même monter à l’air libre 3 étages plus haut. N’oubliez pas de redescendre quelques étages pour jeter un œil à la boule de stabilisation. Cet énorme Ferrero Rocher permet à la tour de ne pas être trop secouée lors des typhons et des tremblements de terre. C’est un dispositif assez unique au monde paraît-il. Si vous aimez la science, vous trouverez ça très instructif. Sinon, vous pourrez toujours vous extasier sur les mascottes trop mignonnes créées à son effigie.

Je vous laisse admirer le gracieux balancement de la boule et des visiteurs.

*Le vélo à Taichung

Il existe de nombreuses occasions de faire du vélo à Taïwan. La plus évidente c’est de louer un You bike et de vous promener dans le parc de Daan, à Taipei. La plus sportive est de traverser les gorges de Taroko et de longer la côte est. Si vous avez envie d’aventure mais que vous n’êtes pas prêt pour un Koh Lanta cycliste, vous pouvez inscrire Taichung, à l’ouest du pays, sur votre itinéraire. Cette ville industrielle gagne à être connue, notamment pour sa voie verte, une ancienne voie de chemin de fer reconvertie en piste cyclable. Houfeng Bike path, c’est son nom, propose deux parcours amusants à faire en vélo. Le plus court (environ 10 km aller retour) vous fait passer sur un pont avec une vue à couper le souffle et sous un tunnel. L’inconvénient c’est qu’il peut être assez fréquenté le week-end et en fin d’après-midi.

Hou FEng Bike Path à l’heure de pointe

Le circuit le plus long (25 km aller et retour) est beaucoup moins emprunté et on est assez vite seul sur la route, façon Born to be Wild. On peut donc s’en donner à cœur joie en jouant avec la sonnette à l’entrée des tunnels (c’est recommandé, pour question de sécurité), en sprintant et en faisant d’autres trucs qu’on faisait quand on faisait du vélo par plaisir et pas parce qu’on a raté le dernier métro et que Vélib reste la seule option. A la fin de la piste, on arrive à une ferme aux chevaux, endroit recommandé par un chauffeur de taxi et qui malheureusement était fermé le jour de ma visite.

La vue de puis le pont du parcours le plus court.

Il n’y a pas de transports en commun pour s’y rendre depuis le centre de Taichung. J’ai donc utilisé Uber pour l’aller et le retour. Le trajet est long et embouteillé le soir mais vraiment pas très cher. A l’entrée du parcours, vous trouverez de nombreux loueurs de vélo, avec ou sans moteur. Les tarifs sont abordable, une dizaine d’euro pour la journée.

*Le bateau à Kaohsiung

Même si la ville de Kaohsiung est située au bord de la mer de Chine, on y trouve assez peu de plages. Le premier jour, je me suis baignée dans une plage où il était interdit de nager. La baignade était autorisée, à condition de rester debout dans l’eau, concept plutôt intéressant, vous en conviendrez. Pour pouvoir vraiment profiter d’une journée à la plage, j’ai pris le bateau au port de Kaohsiung, direction Cijin. La traversée sur ce gros ferry permet de gagner une presque île où est aménagée une belle plage de sable, surveillée. Il y a un peu de monde sur le sable mais beaucoup moins dans l’eau. Si la météo est avec vous, c’est l’occasion de profiter d’une baignade très agréable.

Il y a des bateaux qui assurent la traversée régulièrement toute la journée, jusque tard le soir, et vous pouvez payer avec la même carte que celle du métro.

Le Cijin Ferry. Contrairement aux apparences, il vous emmènera confortablement à destination.

Si vous avez envie de faire un tour en bateau mais que vous n’aimez pas la plage, vous pourrez aussi profiter du marché, des restaurants de fruits de mer et vous promener jusqu’au phare ou jusqu’au fort.

*Les Maokong Gondola à Taipei

Les Maokong Gondola ont totalement réveillé la Cartman qui sommeille en moi. C’était le truc que je voulais faire à tout prix. J’ai donc passé trois semaines à chanter Maokong Gondola sur l’air de Casa Bonita Casa Bonita!

L’intérieur de mon cerveau, allégorie (à 0.37)

Pas de plongeurs mais une traversée de plus de 20 minutes dans des téléphériques, comme le œufs que l’on peut prendre au ski. Sauf qu’on est beaucoup plus haut et que sous vos pieds, vous pouvez admirer la forêt luxuriante, de vieilles habitations et des routes tortueuses. À l’arrivée, vous pouvez faire le trajet dans le sens inverse ou bien en profiter pour vous balader à pied. Plusieurs chemins s’offrent à vous, du plus fréquenté avec maisons de thé le long de la route au plus confidentiel pour une randonnée qui vous donnera vite l’impression d’être un explorateur, comme dans ce jeu « En route pour l’aventure » auquel je rêvais de participer quand j’étais petite.

Il y a plusieurs arrêts donc vous n’êtes pas obligé de faire tout le chemin à pied et là encore, il est possible de prendre les gondoles en utilisant sa carte de métro.

*Le train à grande vitesse

L’île de Taïwan n’est pas très grande et se traverse rapidement du nord au sud grâce à un réseau ferré de très bonne qualité. Le train à grande vitesse (Taïwan High Speed Rail) permet d’effectuer le voyage en 3 heures à peu près. Hyper confortable et plus abordable que notre TGV, c’est un excellent moyen de découvrir l’île. Pendant que vous regarderez le paysage défiler, vous pourrez déguster votre bento acheté à la gare ou dans le train. Le tout en vous laissant griser par la vitesse qui est régulièrement affichée, histoire de vous tenir informé.

Le mieux, c’est que vous serez toujours assis dans le sens de la marche. Mais par quelle sorcellerie vous demandez-vous. Je me suis posée la même question et, au bout de 3 semaines, j’ai fini par percer le mystère: les sièges sont tout simplement réversibles. A chaque fois que le train change de sens, un employé de la compagnie retourne chaque rang. A la main. Et en un temps record pour que le train puisse repartir, à l’heure.

Apparemment je ne suis pas la seule à m’être interrogée sur le sujet… (je ne suis pas cette dame sur la vidéo)


5 plus jolies choses que j’ai mangés à Taïwan

La nourriture pour les Taïwanais est vraiment quelque chose de sérieux. A tel point que leurs œuvres préférées dans le Louvre local sont de la bouffe. Quand on voit le nombre de restaurants et de stands de nourriture au mètre carré, on se dit que les Taïwanais passent leur temps à manger. Et que la moitié du pays tient un restaurant (pendant que l’autre moitié à un garage pour réparer les scooters).

Et c’est pareil pour le tourisme. Quand vous vous renseignez sur Taïwan, on vous conseille immanquablement quelque chose sur la nourriture. La cuisine taïwanaise est décrite comme subtile, une synthèse heureuse de l’ensemble des cuisines d’Asie. Mais ce qu’on ne vous dit pas forcément, c’est que ça peut être aussi très joli.

Plutôt que de vous faire saliver en vous décrivant des plats délicieux que de toute façon vous ne pourrez pas goûter (un peu comme quand tu regardes Top Chef en mangeant des coquillettes parce que tu n’as pas eu le temps de te préparer un cromesquis et que de toute façon tu viens juste d’apprendre ce que c’est.), je vais vous montrer les plus jolies choses que j’ai mangé. Ce qui est beaucoup plus internet friendly.

*La glace Blue Box

A Taichung, j’ai développé une addiction pour Blue box, un petit stand niché entre une boutique de fringues de créateurs et un restaurant de rue de ramen. Blue box fait des glaces que l’on peut qualifier d’artistiques. Après de nombreuses hésitations entre Mermaid et Alice au pays des merveilles, j’ai opté pour la Mermaid, par souci de sobriété.

Comme vous pouvez le constater, la notion de sobriété est tout à fait relative.

Le rendu est hyper pro mais la technique est vraiment artisanale. Les petits éléments comme la queue de la sirène sont façonnés au préalable par la maître glacière et vos pouvez choisir votre parfum. L’inconvénient, c’est que les horaires sont vraiment aléatoires et que du coup, je n’ai pas pu tester toute la carte!

*Les gaufres au mochi

Au Cho Café, juste à côté de notre hôtel à Taipei (le Cho Hotel) il est possible de déguster des gaufres au mochi. C’est comme des gaufres mais à l’intérieur, il y a de la pâte de riz gluant, le fameux mochi. Elles sont servies avec des fruits, du sirop d’érable ou du chocolat et de la chantilly. Le cadre du café est super soigné et les gaufre ne dépareillent pas. Si ce n’était le mochi, on se croirait en train de prendre son petit déjeuner dans un country club américain de la côte est en 1950.


*L’autre glace Blue Box.

Oups, I did it again… Si j’avais réussi à choisir entre la glace Mermaid et celle Alice aux pays des merveilles, j’étais cependant très frustrée de ne pas avoir goutée la barbe à papa de chez Blue Box. Le Voyage à Tokyo me trottait dans la tête. Du coup après plusieurs tentatives infructueuses; j’ai pu enfin commander cette énorme barbe à baba, avec ses petits sujets en sucre:

Et là surprise, ce n’est pas seulement une énorme barbe à papa sur un cornet, c’est une glace dans un cornet surmontée d’une barbe à papa. Contrairement aux apparences, ça se mange plutôt bien. Enfin surtout parce que j’avais fait près de 40km en vélo juste avant et que j’étais sans doute affamée.

*Le Bubble tea

Comment parler de nourriture taïwanaise sans parler de bubble tea? C’est un peu LEUR contribution à la gastronomie mondiale. Et autant dire que chez eux, le bubble tea est un art. Alors bien sûr le goût est 1000 fois meilleur que ceux que j’ai pu goûter à Paris, surtout parce que les boules de tapioca sont caramélisées. Mais ils sont aussi beaucoup plus stylés, comme ceux de chez Tiger Sugar où le caramel reproduit le pelage de l’animal.

Tiger Sugar est présent à Taïwan mais aussi à Singapour et en Malaisie, si jamais vous passez par là.

*Le gâteau au matcha de chez Kinber

Chez Kinber, la carte est à la fois simple puisqu’elle repose sur seulement 4 ou 5 saveurs comme le matcha, le litchi ou la rose et à la fois très complexe puisque chaque goût est décliné sous plusieurs formes: boissons, glace, cupcake, gâteau…. J’ai choisi d’après les photos présentées un gâteau au matcha, pour son apparence plus qu’alléchante. Mes pupilles étaient ravies devant cette explosion de couleurs qui promettaient un vrai festin:

J’ai repris une de leurs photos, en bonne affamée, je me suis jetée sur le gâteau sans le prendre en photo

C’était sans doute très bon. Ce que j’en retiens, c’est que c’est avec ce plat que j’ai réalisé que je n’aimais pas le matcha.

Mes 4 moments les plus Pee-Wee Herman à Taïwan (ou ce que le guide ne vous dira pas tout à fait)

Ce que je préfère quand je suis en voyage, c’est mes moments Pee-Wee Herman. Mais si, vous savez, dans le film de Tim Burton, Pee-Wee cherche son vélo. Il a une révélation dans un de ses rêves: le vélo serait dans le sous sol de fort Alamo. Alors il va à Fort Alamo et à la fin de la visite, il demande à visiter le sous-sol. Et là, la guide et tout le groupe s’esclaffent. Car il n’y a pas de sous-sol à Fort Alamo. Pee-Wee Herman en conclut qu’il y a des choses que l’on doit découvrir par soi-même. Alors voilà le top 4 de mes moments Pee-Wee Herman à Taïwan:

Le tofu qui pue pue … la mort.

Une des informations récurrentes sur Taïwan, c’est le tofu puant (stinky tofu en anglais). Guide, vidéos Youtube, blogs, tout le monde vous en parle en vous disant que ça pue mais que ça se mange. Certains trouvent même ça bon. C’est vraiment un truc que les Taiwanais mangent, pas juste une attraction pour touristes façon Believe it or not.

Quand on se ballade sur les marchés de nuit, surtout à Taipei, on repère assez vite cette odeur d’andouillette, en pire. Pour moi ça sentait tellement les entrailles, la terreur et la mort, que je n’ai absolument pas pensé que ça pouvait être LE tofu. Je pensais que c’était les «fine noodles with intestines» (si toi aussi tu trouves que raffiné et intestins est un mariage qui a de quoi surprendre, tu n’es pas seul).

C’est après avoir mené courageusement l’enquête pendant plusieurs jours, en essayant de remonter à la source de l’odeur, que je me suis aperçue que cette odeur de cadavre était bien celle du fameux tofu. Les nouilles elles ne sentaient presque rien. Le mystère demeure entier: comment un truc végétal peut il sentir autant la charogne?

Pour le goût, je ne peux pas vous dire, je n’ai pas eu le courage de goûter, même la version friture dont le goût est moins prononcé paraît-il.

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La relève de la garde ressemble à une performance de K-Pop.

Au Mémorial Tchang Kaï-chek, deux gardes veillent en permanence au pied de l’immense statue de bronze. Normal, TKC est l’homme politique et la figure nationaliste la plus importante du pays. Toutes les heures, ces deux militaires en tenue sont relevés par deux autres et un troisième est chargé de mener la cérémonie. Parce que oui, ça a tout d’une cérémonie. Pendant 12 minutes, ils enchaînent les pas façon flamands roses et les déplacements dans une chorégraphie tellement compliquée qu’à la fin, on ne sait plus qui est qui. Si vous enlevez les fusils et rajoutez de la musique pop, on pourrait se croire aux Seoul Music Awards.

Mais le meilleur moment, c’est quand même à la fin quand le maître de cérémonie vient épousseter et défroisser leur pantalon qui s’était coincé dans leurs bottes. Je suis sûre que même les membres de BTS n’ont pas quelqu’un pour faire ça à leur place!

La collecte des ordures version marchand de glace

Je dois avouer que sur ce coup là, j’avais été prévenue. En allant manger chez l’excellent Foodi-jia-ba-buay, j’avais discuté avec le très gentil patron et lui avait demandé ce qu’il préférait à Taïwan. Il m’avait répondu les camions poubelles. Alors au début, à Taipei notamment, à chaque fois que j’en croisais un, je l’examinais sous toutes les coutures en pensant qu’il s’était moqué de moi. C’est à Kaohshiung que j’ai compris. En me baladant, je suis tombée sur ce truc bizarre avec en bruit de fond une petite musique comme celle du marchand de glaces aux États-Unis.

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Je croyais être dans Rencontres du 3ème type. Hyper excitée à l’idée de rencontrer des extra-terrestres, j’ai suivi la musique. Qui m’a menée au camion poubelle pour le recyclage. Pas un alien en vue. Juste les habitants du quartier qui venaient jeter leur poubelle et en profitaient pour discuter entre voisins (et accessoirement vérifier que le voisin du 3ème avait bien trié ses déchets cette fois).

Le trésor national du pays est un chou en jade. Accompagnée de son bout de viande en pierre.

Le musée phare de Taïwan est sans doute le National Palace Museum. En gros c’est là que sont exposées toutes les pièces que Tchang Kaï-Chek a embarquées avec lui quand il a fui les communistes pour monter un gouvernement à Taïwan. Ces pièces sont un vrai trésor pour les Taïwanais mais aussi pour les Chinois. A tel point que Taïwan a proposé de les céder à la Chine en échange de son indépendance.

Donc dans ce musée, il y a des pièces anciennes d’artisanat, des vases Ming, des gravures et des textes officiels hyper vieux. Mais ce qui attire vraiment les gens, ce pour quoi ils font la queue à l’extérieur de la salle, ce qui a droit à sa salle particulière avec affiches explicatives c’est ça:

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Un chou en Jade surmonté d’une sauterelle et une pierre taillée et peinte pour ressembler à un bout de viande. Deux pièces plutôt récentes mais qui ont gagné leur notoriété grâce aux visiteurs qui les ont choisies comme leurs pièces préférées. Si leur portée historique et artistique est plutôt réduite, elles n’en demeurent pas moins le clou de la visite et les best-sellers de la boutique souvenir.