Lonesome Dove, western contemplatif

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Alors que je me lamentais d’avoir fini Le Fils, des amis bien attentionnés m’ont recommandé Lonesome Dove de Larry McMurtry (connu pour être le co-scénariste du Secret de Brokeback Moutain). Je les en remercie. Lonesome Dove est un roman en deux tomes, de plus de 500 pages chacun qui raconte l’épopée de Gus et du Capitaine, deux anciens Texas Rangers qui décident en 1880, avec une poignée de jeunes cow-boys, d’acheminer du bétail du Texas vers le Montana pour y fonder un ranch.

Pour le moment, je n’ai lu que le premier tome et j’ai déjà hâte de commencer le second.

Le premier tome est l’occasion d’une présentation assez longue des différents personnages. Sous la chaleur accablante du Texas, on fait la connaissance de Gus, le bavard un peu alcoolique et fainéant et du Capitaine, véritable bourreau de travail taciturne. Tous les deux vivotent dans leur ranch, louant à l’occasion un cheval ou une carriole et allant piquer au Mexique le bétail qu’ils revendront. Ils ont sous leurs ordres Deets, Newt et Bol, un bandit-cuisinier. Pour compléter le tableau, il faut ajouter qu’il y a à Lonesome Dove un saloon et une putain, Lorena, qui rêve de San Francisco.

Arrive bientôt Jake Spoon, leur ancien acolyte chez les rangers qui leur donne l’idée de partir dans le Montana pour faire fortune. Aux deux tiers du livre, la fine équipe et son troupeau se lance dans un road-trip qui va leur faire traverser l’ensemble du pays, du Sud vers le Nord.

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Si le début du roman est très linéaire, avec le départ du convoi, les intrigues se multiplient, de nouveaux personnages apparaissent, suivant chacun leur route dont on se doute qu’elles finiront toutes par converger au Montana (ou avant). C’est l’occasion de varier les points de vue, de faire durer le suspense et surtout de jouer avec le rythme de la narration.

L’auteur arrive vraiment à adapter son style aux événements rencontrés par les personnages. Le début est très tranquille. On se sent comme Gus, à moitié ivre sous un porche par 100° Fahrenheit. A partir du moment où le voyage débute, on lit au rythme de la chevauchée. On est bercé par le rythme du livre et on a vraiment l’impression de faire partie du voyage.

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Disons le clairement, Lonesome Dove ne joue pas sur la surenchère des péripéties. Ce western-ci s’attache principalement à décrire la quotidienneté de la vie de cow-boy ou de putain. La plupart du temps, les personnages et le lecteur sont sur leurs gardes, attendant qu’il se passe quelque chose. Et quand un rebondissement survient, ce n’est jamais celui auquel on s’attendait. Il n’en est alors que plus puissant.

Larry McMurtry préfère se concentrer sur des détails inattendus qui pourraient-être insignifiants ou sur les relations entre les personnages (la relation entre Gus et le Capitaine est une véritable bromance) plutôt que sur des scènes tapageuses et une surenchères de péripéties. Et ça fonctionne. Son sens de l’observation et son talent de narrateur suffisent à captiver le lecteur.

Mais rassurez-vous, Lonesome Dove remplit haut la main le cahier des charges de tout bon western. On y trouve aussi des hors-la-loi, des renégats et des Indiens.

Tous ces éléments font de Lonesome Dove un western atypique. C’est sans doute ce qui lui a valu un prix Pulitzer et une adaptation télévisuelle sous la forme d’une mini-série un peu kitch au casting trois étoiles (pour les années 80).

 

(Je vous ai mis la bande annonce en anglais mais la série a été traduite en français. )