5 trucs que j’ai appris en participant à une print party chez Mokuhankan à Tokyo

En ce moment, à Paris, la fondation Custodia propose l’exposition Vagues de renouveau: estampes Japonaise de 1900 à 1960. L’occasion de découvrir le superbe travail d’artistes comme Kasamatsu Shiro ou Tsuruta Goro. Mais aussi de partager 5 trucs que j’ai appris en imprimant moi-même une estampe.

 En effet, j’ai profité de mon voyage à Tokyo pour participer à une Print Party chez Mokuhankan Wood Prints, un atelier boutique dans le quartier d’Asakusa. Pendant cette print party, vous pourrez imprimer une estampe d’après les plaques de bois déjà gravées par l’équipe. Chaque print party accueille entre 4 et 6 personnes.

 Voici donc 5 trucs, plus ou moins essentiels à ma culture générale et à ma survie quotidienne que j’ai appris ce jour là.

 1.Avec un peu d’entraînement, je pourrais devenir la nouvelle Hokusai.

 Grâce aux explications du staff (en anglais), on apprend à mélanger les pigments avec la colle de riz puis à encrer et enfin à imprimer en utilisant le barel. Il faut répéter l’opération autant de fois qu’il y a de couleurs. Ça a l’air hyper simple comme ça mais en vrai, cela demande un peu de dextérité et de concentration. Du coupon se prend au jeu et on a vraiment l’impression d’apprendre un truc. J’étais plutôt fière de moi à la fin, malgré quelques couleurs un peu décalées et tâches de peinture sur les doigts.

2. En 2018, l’estampe, ça se passe (aussi) sur Twitch

David BULL, le propriétaire de Mokuhankan Wood Prints est Canadien. Il s’est installé à Tokyo par passion et a envie d’intéresser, à nouveau, les Japonais et les touristes à l’estampe. Pour ça, il a ouvert différents comptes sur les réseaux sociaux, y compris sur Twitch. Oui, sur Twitch, le truc où on peut regarder des gens jouer à des jeux vidéo pendant des heures. Lui il se filme en train de graver ses plaques à plusieurs moments de la journée. Il en profite pour discuter avec les gens et expliquer son boulot. Et sa chaîne fonctionne plutôt bien. A ce qu’il paraît, c’est très relaxant et on devient vite accro. (Il a aussi une chaine Youtube, mais ça sonne moins cool)

3. Le quartier d’Asakusa n’a pas changé depuis le 19ème siècle, ou si peu.

Mokuhankan Wood Prints se trouve dans le quartier d’Asakusa à Tokyo. Connu pour son temple à la très grosse lanterne, le quartier semble avoir gardé les mêmes activités que quand Hokusai y est décédé au19ème siècle. On y trouve des vendeurs d’artisanat plus ou moins chers (et aussi de gadgets) autour du temple, des marchands de papier et d’estampes, des restaurants… Il y existe aussi toujours des maisons de geishas, très discrètes. Il paraît qu’elles sont plutôt élitistes et ne laissent entrer que les personnes voulant nouer une relation profonde avec les geishas.

Kasamatsu Shirō, La grande lanterne du Kannondō, Asakusa, 1934

4. Les Japonais sont obsédés par les pêches

Bien avant que l’emoji pêche ne débarque, les Japonais l’utilisaient déjà à toutes les sauces. J’étais en plein questionnement existentiel sur ce truc qui ressemble à une pêche quand, à la print party, on m’a proposé d’imprimer un dessin illustrant l’histoire de Momotaro (momo veut dire pêche). Donc Momotaro est un petit garçon né dans une pêche.En gros, à 15 ans, il quitte sa famille pour combattre des démons qui tyrannisaient une île à des kilomètres de chez lui. En chemin,il a fait la connaissance d’un chien, d’un singe et d’un faisan qui se joignent à lui pour l’aider à remplir sa mission. Je vous la fait courte mais évidemment, ils y arrivent et deviennent des héros.

Cette histoire est apparemment très populaire au Japon. Ils en ont fait des films, des chansons et il y aurait même un festival dédié.Encore une bonne occasion de dessiner des fesses sans en avoir l’air si vous voulez mon avis.

Momotaro par Utagawa Kuniyoshi (1855)

5. L’art peu être abordable

La print party se termine par une visite de la boutique. Vous pouvez aussi juste visiter la boutique sans participer à la print party. Cequi est appréciable, c’est qu’on ne se sent pas obligé d’acheter. Le staff qui a animé la print party gère aussi la boutique mais ne fait pas l’article. Par contre, pour peu que vous ayez envie de ramener un souvenir, la sélection est très large et de belle qualité. On trouve à la fois des thèmes traditionnels de l’estampe (paysage,oiseaux fleurs) mais aussi des compositions plus modernes, y compris des super-héros. Il y différentes gamme de prix et c’est sans doute le truc le moins encombrant que vous pourrez ramener de votre voyage.

Utagawa Hiroshige: Le marché aux poissons d’Osaka

Infos pratiques:

Vous pouvez réserver votre place pour la print party via le site de Mokuhankan. Comptez environ 15euros pour la première personne, 12pour la suivante. L’activité en elle-même dure 1heure. Quand j’y ai participé, j’ai passé un peu plus de 2 heures sur place. David BULL était présent et nous a fait visiter son atelier. On a aussi pu échanger assez longuement avec lui sur sa pratique et l’estampe en général.

La print party se déroule en anglais. C’est mieux de comprendre un peu pour les explications mais au final, c’est assez intuitif et même si vous pensez avoir un niveau pas terrible, la compréhension ne devrait pas poser de problème.

Vous pouvez aussi suivre leurs activités sur Instagram, Youtube et Twitch.

Tant que vous êtes dans le quartier, profitez-en pour visiter le Amuse Muséum. Les expositions sont intéressantes, la vue depuis le toit très chouette et la boutique regorge de trésors. Et si après tout ça vous n’en avez toujours pas marre de l’estampe, il vous reste à visiter le Musée Ota, le musée «officiel» de l’estampe à Tokyo.

Et si vous avez du temps dont ne vous savez pas quoi faire, vous pouvez aller regarder des versions GIF animés d’estampes célèbres sur ce site.

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10 bonnes raisons d’aller voir des un tournoi de Sumo à Tokyo

En ce moment a lieu le tournoi de Sumo de Fukuoka, le Kyushu Basho.  Au Japon, il y a 6 tournois de sumo dans l’année (les mois impairs) et un sur deux a lieu à Tokyo au Kokugikan Sumo Hall. Le Jacques Chirac en moi avait très envie d’y assister. Alors lorsque j’ai planifié mon voyage au Japon, je me suis débrouillée pouvoir assister à un tournoi. J’ai adoré cette expérience, qui reste un de mes meilleurs souvenirs du séjour. Au delà de l’aspect divertissant, c’est l’occasion de rencontrer des Japonais et de participer, très humblement, à une tradition séculaire. Et pas besoin d’être un fin connaisseur pour apprécier. Si vous en doutez, voilà 10 bonnes raisons de tenter l’expérience:

estampe

1. Parce que les rikishis (nom japonais des lutteurs) sont plus forts que Tom Brady, le quaterback superstar et mari de Gisèle Bündchen.

2. Parce que la boutique du Kokugikan Sumo Hall, propose tout ce que vous pouvez imaginer et même plus sur le sujet: livres, stylos, t-shirts, cartes postales mais aussi peluches et boules à neige.

3 Parce que sur une journée, vous pouvez voir toutes les catégories, des juniors à la Makuushi, la division des Yokozunas (les plus grands champions). Un peu comme si avant de voir un match de L1 vous commenciez par l’équipe des poussins pour enchaîner ensuite sur la division d’honneur et ainsi de suite

4 Parce que dans les rediffusions de l’équipe TV, on ne se rend pas bien compte du bruit que ça fait, deux types de 200 kilos qui se mettent des baffes.

 

5 Pour écouter le tambour accompagner la sortie des visiteurs. Même sous une pluie battante, c’est magique

6 Parce qu’un athlète de haut-niveau c’est pas seulement quelqu’un avec un corps tout en muscle.

7 Parce qu’on n’est plus au 18ème siècle et qu’il n’est plus possible d’aller voir du sumo féminin dans un bordel. Du coup il faut bien se rabattre sur les hommes. sumo-hist-art1

8. Parce que le rikkishi qui perd au bout de 45 secondes (voir moins) après des années d’entrainement mérite vos applaudissements

9. Parce que les supporters japonais ont préparé des chansons et des banderoles pour encourager leur chouchou.

10. Parce qu’avec un peu de chance, un Yokozuna se fera battre par un lutteur de niveau inférieur et on pourra lancer nos coussins sur le dojo.

 

 

Infos pratiques :

Il y a 6 tournois dans l’année (pendant les mois impairs) dans différentes villes : Tokyo, Osaka, Nagoya et Fukuoka. Chaque tournoi dure 15 jours.

Pour acheter des places, rendez-vous sur le site officiel . Les derniers jours des tournois, les week-ends et le tournoi de Tokyo sont très demandés. Vous aurez plus de chance en choisissant le début d’un tournoi, pendant la semaine. Sinon Trip Advisor propose des excursions à Tokyo, pour assister aux deux dernières divisions et visiter le musée. Ne réussissant pas à avoir des places, on est passé par eux. On a pu bénéficier de la visite du musée et de l’expertise de notre guide, qui était une fervente supportrice de Endo.

A Tokyo, il est possible de (bien) manger sur place. N’hésitez pas à vous promenez dans le quartier, vous croiserez sûrement des rikishis qui accepterons selfies et autographes.

Pour se renseigner, en France :

Le Paris Sumo Club

L’incontournable site dosukoi

Le livre de Kazumi Yoshinaga, Mémoire d’un lutteur de sumo raconte l’envers du décor d’une façon très abordable. C’est aussi un récit inspirant sur comment atteindre ses objectifs!